Wikimedia (l'organisation)

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mardi, octobre 21 2008

Plan du numérique 2012

Aujourd'hui, je me suis rendue au discours d'annonce du plan de développement de l'économie numérique 2012 du gouvernement français.

Il devait s'agir d'un discours de Mr Sarkozy, suivi d'une conférence de presse de Mr Besson (secrétaire d'état chargé de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique). L'annonce devait en fait avoir lieu lundi 13.

En raison de l'actualité (financière) chargée, le discours du 13 a été annulé au dernier moment, et finalement, ce matin, c'est Mr Besson qui a prononcé le discours, en raison de l'absence de Mr Sarkozy "retenu par la préparation des prochaines conférences sur le système financier international avec ses homologues européens".

Le discours avait lieu à l'Elysée. La salle était bourrée à craquer. Il semble que tous les acteurs associés à Internet étaient présent. Finalement donc, Mr Besson a remplacé Mr Sarkozy pour un discours d'environ 20 mn, dans lequel il fut essentiellement question de "tuyaux" (accès haut débit, télévision numérique terrestre, radio numérique, ordi 2.0 etc...).

A l'issue du discours, j'ai ressenti une frustration, voire de la colère de la part des acteurs présents. Comme Mr Besson l'a lui-même dit, "vous attendiez un président et vous n'avez qu'un secrétaire d'état".

Concernant le plan proprement dit, mon sentiment est mixte. D'une part, il faut se réjouir que le secteur internet possède son propre secrétaire d'Etat, il faut se réjouir que le développement de l''économie numérique soit une priorité pour le gouvernement, il faut se réjouir de sa volonté de lutte contre l'illectronisme, et il faut se réjouir d'un certain nombre des propositions lancées, qui ne peuvent qu'être positives.
Prenons un seul exemple; l'Action n°108 : Soutenir le développement d'un réseau social de webschool sur l'ensemble du territoire fondé sur des initiatives personnelles et associatives, de formation aux usages des TIC par les utilisateurs. Voilà du blé à moudre pour Wikimedia France (à noter, rien ne dit comment cette action va t-être financée...). Bref, il y a du positif dans le plan.

De l'autre, je regrette l'approche monolithique sur les tuyaux et sur les logiciels.
Je regrette que par "contenu", l'on fasse surtout référence au contenu institutionnel, ou à la protection des droits d'auteurs des contenus issus de l'économie traditionnelle, ou à la lutte contre le téléchargement illégal. Franchement, internet, c'est un peu plus que cela ! Les internautes et le Contenu Généré par les Utilisateurs sont les grands perdants de ce plan.
Et puis je regrette l'absence quasi totale de référence au Libre dans le plan. Les propositions de mai dernier incluaient un objectif de 20% des marchés publics en open source. Cette action semble avoir été supprimée. La proposition d'aide au logiciel libre par mécénat a également été supprimé.
Mais demeurent

  • l'Action n°64 : Promouvoir un affichage séparé des prix des logiciels et systèmes d’exploitation pré-installés.
  • l'Action n°65 : Permettre la vente découplée de l’ordinateur et de son logiciel d’exploitation.

Des rumeurs indiquent que la semaine dernière, le terme logiciel libre n'était même pas mentionné dans le plan. J'imagine aisément que certains se sont chargés de raler pour qu'au moins quelques mots mentionnent l'importance du logiciel libre dans l'internet français.

Un point positif: La LCEN : La LCEN est reconnue comme ayant rempli son rôle. En substance, cela signifie que le statut d'hébergeur est maintenu. C'est un souci en moins pour Wikipédia :-)

Les grandes directions du plan:

  • Garantir l'accès de tous à Internet
  • Développer le haut débit mobile (à noter, le plan mentionne que "l'internet haut debit constitue aujourdhui, comme l'eau ou l'electricité, une commodité essentielle". Il est probable que ce genre d'affirmation rende plus difficile des actions comme la riposte graduée).
  • Protéger les contenus numériques (DRM, marquage, établissement de listes de contenus protégés etc...)
  • Développer l'industrie internet (systèmes de paiement en ligne, affichage des prix etc...)
  • Renforcer la confiance numérique (sécurité des accès, cybercriminalité)
  • Développer le contenu gouvernemental (Refonte des sites institutionnels etc...)

Dans le plan proposé, la réduction de la fracture numérique est surtout une question de tuyaux (TNT, haut débit etc....) bien que la question d'appropriation des outils (formation) soit aussi évoquée, quoique rapidemment.
Le troisième pan de la fracture numérique, celle qui porte sur les usages (capacité à réellement comprendre et assimiler internet, discerner les contenus, voire participer/collaborer à la production de contenu) est le deuxième parent pauvre des propositions.

Juste avant le discours, j'ai eu l'occasion de discuter avec un des conseillers de Mr Besson. Celui-ci m'a indiqué que les propositions que nous avions faites n'avaient pas été retenues. Mais qu'elles avaient nénamoins fait l'objet de discussions au sein du cabinet.
Je ne suis pas vraiment déçue, car il me semblait évident que nos propositions ne seraient pas suivies (pas dans l'air du temps). L'important est de faire connaitre nos opinions et notre existence.

Pour rappel à ceux qui n'avaient pas suivi, l'association Wikimedia France a soumis sur le site des Assises du Numérique, une proposition portant sur le statut des oeuvres publiques. Vous trouverez ce document sur meta:Statut des œuvres publiques en France ou que le wiki des Assises. Je vous invite à consulter ce document, avant de lire le texte qui précède le point d'action n° 41:

<citation> Il est important que les nouveaux réseaux se dotent des outils adaptés pour protéger le droit d’auteur. Cet objectif ne doit toutefois pas empêcher la libre circulation des contenus libérés de droits. Si le temps passé sur Internet continue de croître, la promotion de la culture française sur les nouveaux réseaux dépendra grandement de la quantité de contenus culturels français disponibles en ligne gratuitement.
Les technologies du web 2.0 (blogs, wikis, plate-formes de partage, liens RSS) reposent sur la mise à disposition de contenus riches et libres de droit. Leur libre utilisation contribue à une dissémination augmentée et un accès plus large.
Dans un monde où l’accès à l’information passera de plus un plus par Internet, le rayonnement culturel français reposera sur l’exposition efficace et adaptée des contenus culturels, dont un très grand nombre sont aujourd’hui libérés de droits.
L’Etat français, conscient de la nécessité de numériser son patrimoine culturel à des fins de conservation autant que de diffusion, a entrepris un vaste chantier de constitution d’un patrimoine culturel numérique. Plusieurs administrations ont de plus mis à la disposition de tous les internautes un grand nombre d’œuvres : la Bibliothèque nationale de France grâce à son portail Gallica, propose à la consultation des dizaines de milliers d’ouvrage ; plusieurs millions de documents numériques tirés des collections les plus variées sont en accès libre sur le portail Culture.fr du ministère de la Culture et de la Communication ; l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a remporté un grand succès en mettant en ligne une grande partie de son patrimoine audiovisuels. La gratuité de la consultation assure le succès de ces sites. Toutefois, ce succès pourrait être substantiellement supérieur si les contenus proposés devenaient en partie exportables et réutilisables.
La politique du gouvernement américain a été, au contraire, de diffuser le plus largement possible ses documents patrimoniaux, de la Library of Congress aux prises de vue de la NASA. Cette ligne de conduite simple participe de la politique de rayonnement culturel et scientifique américain.
Pour augmenter la présence de la culture française sur la Toile, pour favoriser l’accès à la connaissance scientifique et la connaissance des arts, il est nécessaire de favoriser la libre circulation de contenus libérés de droit. </citation>

Certains reconnaitront dans certaines lignes la prose de David Monniaux. Malheureusement, ce texte, bien loin de se conclure dans la direction que Wikimedia France suggérait, s'achève piteusement sur l'action n°41

Action n°41 : Favoriser la réutilisation des données publiques grâce à des licences type élaborée par l’APIE. L’APIE étudiera les moyens de ne pas faire obstacle à l’utilisation des données dites “orphelines”.

A lire cette dernière action, je me prend à souhaiter que l'APIE n'invente pas de nouvelles licences. N'en jetez plus ! lol

__Plus sérieusement, les points importants pour nous sont les actions 39;40; 41 et 42. Si vous disposez de peu de temps, contentez vous de consulter ces dernières. __

Pour finir, certains visiteurs du matin et quelques articles de journaux remettent en question la réussite du plan de concertation.

Dès mai, Mr Besson avait mis en place une large concertation organisée autour de trois axes principaux : le site Internet (http://www.assisesdunumerique.fr), les ateliers et les contributions extérieures. Il se trouve que j'ai essayé de participer à un de ses ateliers (celui de Vichy), qui m'a semblé extraordinairement désorganisé. J'ai également utilisé le wiki des assises, tout comme d'autres acteurs du libre pour poster les propositions de Wikimedia France. Un wiki malaisé, dont je n'ai pas vraiment réussi à trouver le log des modifications, ce qui rendait difficile le suivi de la vie du site.
Le résultat le plus probant est l'emprunt de quelques lignes de notre argumentaire pour ajout dans le Plan du Numérique 2012. Les esprits les plus positifs diront que, pour une fois, les citoyens ont eu l'opportunité de chuchoter une suggestion à l'oreille d'un secrétaire d'Etat. Les plus chagrins parleront de démagogie.

La totalité du plan peut être trouvé ici: FRANCE_NUMERIQUE_2012.pdf

Quelques avis associatifs: Afdel, Asic, April, UFC Que Choisir

Un lien qui m'a intéressé sur le JDN: Cybersécurité

Plus quelques réflexions provocatrices sur : les DRM, la LCEN, la loi Hadopi, et l'APIE sur numerama

"Ne pas parler du logiciel libre revient à se mettre des oeillères" (APRIL): Afdel qui rit, April qui pleure

lundi, juin 16 2008

Being a board member at Wikimedia Foundation (part II)

Assez inhabituel pour être mentionné, un francophone évoque les élections. Dans son billet du 15 juin, Pierrot souligne différents arguments pouvant expliquer le quasi monopole des anglophones (13 candidats sur 15 cette année). Je vais me permettre de souligner un point qui ne semble pas avoir retenu son attention. Pour la première fois depuis la mise en place de la Foundation, il n'y a aucune candidate femme. Aux élections de 2004, deux femmes ont été élues (pour deux positions), Angela et moi-même. Nous avons toutes deux été réélues. Plus tard, Kat et Frieda ont été élues.

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mercredi, mai 21 2008

Being a board member at Wikimedia Foundation (part I)

Last Monday, I informed the community I did not intend to run for the board of Wikimedia Foundation this summer. I do not know if I ever would have the guts to be more specific, but here is at least the official announcement :-)

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mardi, février 5 2008

Alors finalement, Davos ?

Je commence enfin à me réveiller. La semaine passée à Davos fut assez éprouvante. Breakfast sessions tous les jours, suivies d'un mix de sessions publiques ou privées dans la journée, déjeuners et diners "de travail", et fêtes tous les soirs. Le tout entrecoupé de multiples déplacements à pied entre chaque hotel, en essayant de ne pas "déraper" sur les trottoirs gelés, sauf les jours de chance, où je squatte la limousine d'une princesse des mille et une nuits. Cela étant, utiliser les multiples shuttles mis à la disposition des membres est une bonne opportunité pour engager la conversation avec de parfaits inconnus.

Je repars assez éblouie, avec assez de souvenirs pour me nourrir assez longtemps, ou à jamais d'ailleurs, car je n'imagine pas avoir l'opportunité de retourner dans le petit village suisse dans le futur. Une opportunité rare - il est amusant de voir le nombre de personnes commençant la conversation par "et vous êtes déjà venu combien de fois à Davos ?", ce qui doit constituer une mesure de l'importance de l'interlocuteur. Une autre mesure de l'importance de la personne est l'hôtel dans lequel elle se trouve hébergée. L'hébergement à Kloster, village le plus proche de Davos, étant clairement un signe d'ostracisme :-)

Eblouie par la multiplicité des relations que l'on peut nouer. Mais, tout autant, effarée par le monofocus de la plupart des participants (le lundi noir suivi du scandale de la Société Générale le jeudi n'ont pas du aider...). L'argent, l'économie, le risque de récession, la bourse, les subprimes, les scandales financiers etc... étaient sur toutes les lèvres, listés comme priorités de l'année.

Retour dans le monde réel.

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jeudi, janvier 24 2008

Davos: retenir son souffle

... et l'utiliser pour faire tous les déplacements à pied dans Davos. Même dans les fumées puantes des pots d'échappements du matin... il est plus rapide de se rendre d'hotel à hotel ou au centre des congrés, à pied plutôt qu'avec les shuttles. On se croirait sur le périph.

Dès l'arrivée au centre des congrés, se précipiter pour s'enregistrer aux sessions. Les favorites sont déjà "pleines". Les queues se forment devant les quiosks pour s'enregistrer aux sessions d'updates économiques et à la session de jeudi matin avec Bono. il règne une tension palpable, le spectre d'une crise économique.

Hier, j'ai participé à une session d'accueil des nouveaux, en retenant le concept "d'égalité" entre participants (auquel je n'ai pas cru un moment). L'égalité, c'est le couloir spécial réservé pour les plus grands de ce monde pour l'accès à la salle principale du batiment, pour la plénière. Lorsque j'atteins la porte moi-même, tout est déjà plein. Nous nous retrouvons dans une autre salle, certains debouts, avec deux grands écrans de diffusion de la plénière, et en particulier du discours de Rice. Les précédents participants avaient offert un discours d'une grande platitude, pas faux, mais sans aspérités. Rice, c'est autre chose. Une présence impressionnante, un discours probablement très convenu, mais pas moins choquant. Je bute sur certaines affirmations, telles que la force économique sans faille des USA, ou le fait que la diplomatie soit une de leurs forces. Discours américain de base, je passe. Destiné à rassembler et rassurer, je doute fort qu'il ait atteint son objectif.

Ce qui est curieux est que ce discours vient juste après le "Web". Le web, c'est une session réunissant une douzaine de tables de 10 personnes, dont un modérateur. 50 mn de discussion et d'échange pour lister les plus grandes menaces à venir. Collecte des listes de chaque table. Compilation. Proposition d'une liste de 10 "plus grandes menaces pour notre monde". Vote de tous les participants à l'aide d'un petit boitier. Apparemment, cette année, la session a rencontré un grand succès, puisqu'il a été nécessaire de faire des tables "virtuelles" pour tous les participants surnuméraires.

Il parait qu'il y a deux ans, la grippe aviaire faisait les hits. L'an dernier, le réchauffement global. Cette année, TOUS les 10 points portent sur les craintes économiques, l'un des points recevant le plus de votes étant "manque de coordination et de leadership aux Etats-Unis".

Le tout 1 heure avant le discours de Mme Rice, déroulant les arguments "l'économie américaine est forte", et "l'amérique porte des valeurs que le monde entier devrait embrasser", il faut avouer que c'était assez savoureux...

Par contre, j'aimerais penser que les grands dirigeants et grands patrons de ce monde, pourraient se réunir à grands frais... pour envisager un avenir qui aille au delà de cette semaine, ou de ce mois, ou même de cette année. Mais j'imagine aisément que lorsqu'une entreprise perd 8% de sa valeur en une nuit... son dirigeant n'est pas chaud pour penser réchauffement global, terroriste ou faim dans le monde. On a des priorités ou on en a pas, que diable !

J'ai aimé

  • une session de type workshop, sur l'innovation, au petit matin. Format sympa... à suggérer pour Wikimania ?
  • une session "update technology" dans l'après-midi, sachant que pour les personnes présentes, les technologies de l'année se limitent aux mobiles et aux réseaux sociaux
  • un très sympathique dinner, animé par Loic Le Meur et autres, sur le sujet des "communautés en ligne", avec une participation très discrète de Bill et de sa femme.
  • les rencontres, multiples, variées, excitantes, étonnantes
  • la moitié de l'assemblée semble francophone. Je ne m'explique pas trop bien cet état des choses...

J'ai pas aimé

  • le buffet du midi. Trop de monde, trop de bruit, trop peu de têtes connues. Mal à l'aise. Heureusement, les autres déjeuners sont prévus en plus petits comités
  • la majorité des femmes sont des "badges blancs" (c'est à dire des "épouses"). Le tout donne une fausse impression de mixité et d'égalité des sexes, puisqu'elles ont accès à beaucoup de sessions et au buffet. Je n'ai pas vu beaucoup d'époux à badge blanc... le mari de Mitchell Baker ?

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lundi, janvier 21 2008

Participer à Davos...

21h12, derniers préparatifs avant Davos, invitée comme représentante de la Foundation Wikimedia, nommée Tech Pio 2008 ("To be selected as a Technology Pioneer, a company must be involved in the development of life-changing technology innovation and have potential for long-term impact on business and society. In addition, it must demonstrate visionary leadership, show the signs of being a long-standing market leader – and its technology must be proven.")

Je mentirais si je ne mentionnais pas une petite inquiétude au fond de l'estomac.

Je ne comprend pas tout à fait cette nomination, car notre moto depuis 7 ans est que Wikipédia est avant tout une innovation sociale, et non pas technologique (wikiwiki existe depuis le milieu des années 90). La motivation première a du naître de la thématique de l'année "The Power of Collaborative Innovation" (j'imagine que nous étions incontournables...). A lire la liste des techpio, j'ai quand même un sentiment de décalage...

Deuxième décalage, tous les techpio sont des sociétés commerciales. Wikimedia Foundation est la seule organisation caritative du groupe. Le terme "Foundation" porte encore et toujours à confusion d'ailleurs... car j'ai reçu pas moins de 3 mails de ces starts-up... proposant de nous rencontrer, pour établir des partenariats techniques... et quêtant un support financier de notre part. J'imagine aisément que la Foundation est en réalité la plus "pauvre" de tous les techpio :-)

Et puis... quel effet cela fait-il de se retrouver dans THE biggest évènement capitaliste du monde, modeste "representative" du peuple wikipédien ? Vendredi, j'aurais l'opportunité de fournir un pitch de 3-5 mn... dois-je me fondre dans la masse et débiter le texte standard... ou dois-je profiter de l'occasion pour asséner quelques vérités dérangeantes. 4 mois que je m'interroge... il me reste 4 jours pour me décider :-)

Mercredi, un accueil spécial est réservé aux techpio, suivi d'une soirée web 2.0. J'en ai donc profité pour aller voir ce qui était mis à la disposition des fanas du web 2.0... A signaler déjà, un site web particulièrement sympathique et fourmillant d'info (on a un peu tendance à se perdre, impossible de remettre la main sur les photos de Davos 2007 auquel j'avais réussi à trouver accès le mois dernier); Un concierge proposant des documents textes et multiples graphiques pour faire le point sur les thèmes de l'année (copyrightés évidemment :-(); Un système de quiosk mobile pour suivre son agenda (je pressens l'utilité de cet outil...); Un blog (qui me semble gravement inactif); Un groupe privé sur facebook (qui me semble encore plus gravement inactif); le site de davosconversation (vivant ?); du twittering (euh, vivant ?); ainsi que plusieurs sessions dédiées (j'ignore encore si elles sont compatibles avec l'agenda techpio...).

Bon, on va commencer par profiter du passage à Zurich pour rencontrer quelques représentants de Wikimedia Switzerland...

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samedi, janvier 12 2008

Miracle workers

Mon self-esteem

Ce matin, je suis passée à la gendarmerie de Pont-du-Chateau, pour répondre à une plainte de la part d'une estimée conservatrice... contre Wikipédia (c'est à dire, euh, moi apparemment)... un moment assez agréable, passé en la compagnie d'un gendarme intelligent, compréhensif et moderne.

Je suis ensuite passée rejoindre l'équipe municipale, prendre la photo de groupe pour les futures élections, sur le parvis venté de la mairie. Manteaux chauds, écharpes au vent et grelottements au programme. Je redoute un peu la somme de travail supplémentaire engendré par une responsabilité municipale, mais la sérénité qui semble régner au sein de cette équipe me change des luttes d'influence qui sont aujourd'hui le quotidien du conseil d'administration de la Fondation.

Et cet après-midi, suite (et pas fin malheureusement) des réponses aux bons voeux variés... parmi eux, j'ai retrouvé un message revigorant

Dear Sandra (la responsable de com):

Please tell Florence she is doing an OUTSTANDING job, and we really appreciate all her hard work running Wikipedia.

Tell her in the Halls of Academia she is well spoken of. And for having a budget of only a million bucks a year in donations, to run the entire operation, you guys are Miracle Workers.

Keep up the good work!

Lt.Colonel xxx
U.S. Army Military Police (Ret.)
POB 856
Fort Meade, MD 20755
Alternate E-Mail: xxx

(nom anonymisé)

lundi, novembre 6 2006

these photos capture the existential angst of the retreat brilliantly -- Brad

Ce soir, je découvre quelques photos de la "board retreat" (de Wikimedia Foundation, fin octobre à Frankfurt...), prises par Brion.

Et quelques unes me sautent aux yeux, tant elles contiennent la substantifique moëlle de ces trois jours.

De droite à gauche, Brad Patrick (notre directeur exécutif), Tim Shell (membre du conseil) et bibi en pleine action. Mots clés, collaboration et café à volonté. Au fond, sur le mur, on aperçoit le résultat de notre travail. Je suis l'auteur principal de la fabuleuse carte du monde (il faudrait que je retrouve une photo de cette carte...)

Erik et les stroopwafels, une friandise apportée en quantités industrielles par Oscar, à la demande de Delphine. Croustillantes, dorées, dégoulinantes de sucre, miel etc... je comprend à présent pourquoi je n'ai réussi qu'à en manger une... Erik a ses faiblesses... Je sais désormais comment manipuler cet esthète (pas de café, pas d'alcool, pas de cigarette... mais des stroopwafels). Bon à savoir :-)

Delphine (à gauche) et Jimbo. Des moments houleux. On aperçoit la mandarine de la parole dans la main de Jimbo. Silence, on tourne.

Erik, avec sa mandarine. A gauche Brad. A droite Tor. Les spécialistes du language du corps peuvent s'en donner à coeur joie.

Kudos à Brion pour cette photo inoubliable. Lors de la séance de SWOT (strengths, weaknesses, opportunities, threats), deux des weaknesses citées seront les volontaires et le manque de responsabilité. Volunteers and Responsability (lack of). A réfléchir...

Finalement, une autre image mythique. La board retreat restera aussi ceci, le geste choisi par chacun d'entre nous pour se définir, Oscar qui dirige, Jimbo qui tape au clavier, Alison qui reste assise les bras croisés, Tim qui fait "prosit" avec sa bière, Michaël buvant son café, Danny répondant au téléphone, notafish nageant tel le dauphin, Mitch allongé à plat ventre sur la carpette, et j'en passe. J'avais choisi de cueillir le tournesol MediaWiki et de sentir son parfum... avant de de me voir offrir ce bouquet par Brad et Danny, pour me remercier d'être là, tout simplement. Les larmes m'en sont montées aux yeux. Ce que je peux être sentimentale parfois :-) J'ai gardé la carte accompagnant le bouquet. Le bouquet fut disposé au centre du cercle, car le tournesol sait tourner pour orienter sa face de lumière vers celui qui mérite notre attention. Certains termineront le jeu de la mandarine directement sur la carpette....

samedi, octobre 28 2006

Anyone calling me a chairman will be crushed by an ant

J'ai un sentiment bizarre. Très bizarre.

J'essaye de me rappeler mes débuts sur Wikipédia. Accueillie sur fr.wikipedia par Aoineko. Sur en.wikipedia par Maveric (j'essayais de démarrer un article sur la fertilisation - celle de la terre avec des engrais, alors qu'il imaginait la fertilisation de l'oeuf...). Le trolling. Les guerres d'édition avec RK. Papotages. Et puis plus tard, l'élection au conseil d'administration de la Wikimedia Foundation. La réelection. Et le sentiment croissant de frustration. L'immobilisme. Les difficultés du passage d'une organisation familiale à une organisation un peu plus professionnelle. La démission d'Angela.

Et puis finalement, je me retrouve présidente de la Wikimedia Foundation

Et je me souviens d'un article que j'ai écris. Il y a longtemps. Twelve leverage points to intervene in a system. On a la ville, on a le lac. Yapuka construire l'usine.

lundi, octobre 16 2006

Wikimedia Foundation board retreat ou le mystère de la foi renouvelée

Ca y est ! On y est presque. Après près de 3 mois d'attente, une retraite (stratégique bien sur) va avoir lieu à Frankfurt.

Overall Purpose

The retreat is fundamentally a strategic planning retreat with dedicated time to address organization-wide goals and issues. The retreat will consist of a balance of trust and team building activities, strategic planning processes and group dialogues.

Retreat Goals

• Enhance trust and good working relationships among board, staff and key volunteers
• Review and agree upon vision, mission, strategic objectives, action plans and timeline
• Engage in-depth conversation that yields shared goals for mission, governance and organizational sustainability
• Clarify structure, roles and action steps to implement the mission and target objectives.

Après nous être battu pour savoir qui participerait (au final, environ 25 personnes, board de la Foundation, conseils des associations locals, staff de la Foundation, et quelques "élus"), la réalisation du programme fut assez facile.

Reste à savoir ce qu'il sortira de cette retraite.... un peu plus de sérénité après des bières en commun, ou au contraire des tensions supplémentaires ? Des grandes idées fumeuses et irréalisables ou au contraire un agenda net et précis ? Une organisation plus solide ou bien la chienlit ?

J'ai presque peur d'y aller...

mardi, août 22 2006

Free as a legal term or as a moral promise

After I wrote A mission: providing free knowledge, Delphine commented with a detailed blog, in which she argues that the reference to "free as in free beer" is in reality one of the most important terms in the mission statement, as it garantees the content will stay accessible to everyone.

Because without breaching the free as in speech statement, the Foundation could decide that all access to the sites are only possible to people who have paid, say 100 dollars. The only thing the Foundation would have to do then is provide a machine-readable Transparent copy to anyone who pays the 100 dollars.

I'll have to agree with that.

This nevertheless does not solve my issue which is that the Foundation bylaws only garantees a "free as in free beer" access for the website itself. The "free as in freedom" license garantees the page content may be reused, access to its "code" is possible, access to edit history as well.

However, the Foundation does not garantee that a whole project/language (enwikipedia, dewikinews, frwikibooks...) full dump or partial dump will be forever free of charge. And as of today, the Foundation is not particularly making efforts to ensure the dumps are technically reusable (Delphine is correct in reminding that the biggest project/language dumps are already so big that individuals may not really use them as of today. And html dumps were just an experiment till today). In short, even if we do not meet the "financial" barrier, we are already meeting this technical barrier, which limits the reuse of our content.

Overall, the Foundation is respecting a certain engagement toward editors if each article is considered a document under GFDL. If the whole project/language is considered a document under GFDL, things are getting more fishy.

A solution might be one which has been discussed a lot in the past, but never officially implemented: Terms of Use.

The terms of use are contractual agreements between an organisation and users of a service. They generally detail restrictions on what each party is and will be responsible for in relation to the service. They may give rules concerning copyright and other legal details. Terms of Use may be set up in order to let an audience know specifically what can and cannot be done to the work with or without the creator's permission. It is, therefore, extremely important that terms of use be as specific and accurate as possible.

For example, editors currently agree to give their work under GFDL licence (for example). Could we not imagine that the Foundation in turns agree to say that free of charge dumps will be provided at least once a month? The dumps provided could either be global, or only encompass a certain category of articles.

The Foundation may very well change its terms of agreement later, but it will have to inform editors of such a change. Right now, its mission goes beyond its simple statement. There is a non-spoken promise.

samedi, août 19 2006

A mission: providing free knowledge. Free as in ?

I have given myself the mission of updating the Wikimedia Foundation bylaws.

And a couple of days ago, I had a thought. The sort of thought that gives you a bad chill in the back, going up to the neck and twisting your mind with fear.

I was looking at the mission statement.

"Wikimedia Foundation is dedicated to the development and maintenance of online free, open content encyclopedias (...) and other collections of documents, information, and other informational databases in all the languages of the world that will be distributed free of charge to the public under a free documentation license such as the Free Documentation License (...). The goals of the foundation are to encourage the further growth and development of open content, social software WikiWiki-based projects and to provide the full contents of those projects to the public free of charge. "

Free content is a matter of liberty, not price
This statement insists *very much* on providing content free of charge. But not so much insists on the free as in freedom, which is what unites all wikipedians.

See the Free Software Definition here. Transcripted for Wikimedia projects, we get something like:

Free content is a matter of liberty, not price. To understand the concept, you should think of free as in free speech, not as in free beer.

Free content is a matter of the users' freedom to run, copy, distribute, study, change and improve the content. More precisely, it refers to four kinds of freedom, for the users of the content:

The freedom to read the content, for any purpose (freedom 0).
The freedom to get the knowledge from the content, and adapt it to your needs (freedom 1).
The freedom to redistribute copies so you can help your neighbor (freedom 2).
The freedom to improve the content, and release your improvements to the public, so that the whole community benefits (freedom 3).

The full content should always stay fully and easily accessible.

Access to the source is a precondition for this. For Wikipedia and other wikimedia projects, access to the source is essentially access to the webpage itself. The content may be accessible from various scales. From the webpage itself (use your mouse and drag and click to copy/paste the content of the article) to the full database.

Access to the webpage itself is cool. This is for the journalist to complete a news article. This is for the student to copy for doing his homework.

But to really fullfill our mission, the full content should always stay fully and easily accessible. Making a DVD or making a book is only really feasible with quick and easy access to the entire database. If the person interested in making a DVD has to retrieve the pages one by one, reuse of the content, whilst still possible, will in reality become a real chore.

If at some point, access to the full content is restricted either because of the addition of a technical barrier, or because of the addition of a financial barrier, then the Foundation will be failing to the global spirit uniting the thousands of contributors of the website.

Could that happen ?

DataFeed for a fee. Dumps for free until ... ?

The whole content may be retrieved only by two means. Spidering the site itself (and thus consuming bandwidth, which has a cost for the Foundation). Or using the dumps.

As of today, dumps are available for free. They are done roughly once a month (though when a language dump fails, it is usually necessary to wait for the next month). Using a dump is not so easy...
In december 2005, Tim Starling made a html dump, which is much easier to use. No update has been provided though, and I have not heard any further html dump planned.

Spidering the site is discouraged. Sites are sometimes blocked for doing so. It is recommanded to ask for a datafeed agreeement. Live feeds are available that provide more up-to-date content and eliminate the requirement to install new dumps. This service involves a financial arrangement as it requires developer time and the use of the servers.

What I fear could happen in the future is that blocking sites mirroring our content occur more and more frequently, with a strong incentive for paying the datafeed. Hence setting up a financial barrier for reuse.

Of course, the dumps are free... but if the argument was made that datafeed were against a fee, to balance the bandwidth use involved, and the salary of the developers setting up the datafeed... why would not the argument be made that the dumps also require a payment ? After all, making the dumps is also taking several hours of developer time. Developers now employees of the Foundation (so arguably, making the dumps require Foundation money through the payroll).

As soon as a payment is asked, there is a financial barrier to reuse. Whatever the amount. And the barrier will be higher for those with little money... who may precisely be those who needs the content primarily.

I already hear the argument... "but we'll ask money only from those sites with money. The commercial ones. Non profit websites will get it for free if they ask". This is already what we are doing with the spidering (we do not block non profit websites, we block commercial mirrors).

The problem I have with this argument is simply... that it does not fit with the licence we chose. Our licence allow reuse without restriction. Included for commercial reasons.

Low update frequency of the dumps

Naturally, it may be that no money is ever asked for the dumps, in which case, my whole argument falls. But there are other means to limit reuse. For example, instead of doing the dumps once a month... they might get done once every 6 months, or once a year. One may get for free the outdated content. The updated content might be available with a datafeed... against a payment.

Another possible directions to consider...

A dynamic website with no dumps for the stable version ?

There are frequent discussions about stable versions. One step which might be perceived as a "good idea" is to set up an independant website, with the "qualified" version on it, whilst Wikipedia stays the live website with open editing. Thousands of editors work on this "stable" version, with in mind the license. Technically speaking, it may have no sense whatsoever to set up a wiki to host the stable version. Instead, the website might be a dynamic one, fetching and distributing the page automatically. In which case, the source code is not visible any more. The dumps are still available, but only for the live version of Wikipedia, not for the "stable" version. Ultimately, the "stable" version is a fork, with no visible source code, nor dumps, nor spidering possible. Pages may only be copied one by one... But editors are still working on what they believe is a free project.

The new website is free of charge, but not free as in freedom. A liberty was lost in the process. The text is still under gfdl, but to make a DVD of this, one better go up early. Or negociate with the Foundation. Which implies... the content is actually under Foundation control. Not free.

What about an update of the Foundation mission ?

To go back to my mission statement.

"Wikimedia Foundation is dedicated to the development and maintenance of online free, open content encyclopedias (...) and other collections of documents, information, and other informational databases in all the languages of the world that will be distributed free of charge to the public under a free documentation license such as (...). The goals of the foundation are to encourage the further growth and development of open content, social software WikiWiki-based projects and to provide the full contents of those projects to the public free of charge. "

That mission statement garantees that the content will stay accessible free of charge to the public. Nothing else.

Today is today. Tomorrow is tomorrow. Do you know who will be running the Foundation next year ? In 2 years ? In 10 years ?

Anthere

jeudi, août 17 2006

Because the Foundation is not a Foundation, it is an association

in this blog, I could not help but react at "And in fact the Wikimedia Foundation works perfectly alright without democracy, as does the Nobel Foundation. The former only needs to keep the servers running. The latter only needs to find the best scientists. Both tasks can be accomplished with a handful of administrators and a network of experts. These small tasks are independent of the whole body of article-editing or science that they serve."

Why reacting ?

Well, first because I do not think that the Foundation is working perfectly alright. Second because I object to the mission statement as described by Lars. I (and all Foundation people I presume) tend to see it much larger. But looking at the stated the mission of the Foundation bylaws, I can not blame him.

"Wikimedia Foundation is dedicated to the development and maintenance of online free, open content encyclopedias (...) and other collections of documents, information, and other informational databases in all the languages of the world that will be distributed free of charge to the public under a free documentation license such as (...). The goals of the foundation are to encourage the further growth and development of open content, social software WikiWiki-based projects and to provide the full contents of those projects to the public free of charge. "

It would be difficult to draft a more fluttery mission statement. We have to fix this...

Then, it came to my mind that... the premise that the Foundation does not need members because it is a Foundation and Foundation are used for purposes where democracy is not an issue... struck me as totally aside the point. Because the Foundation is not a Foundation.

We need members because our goals are actually complex and we need a very diverse set of attitude, because our goals are politically loaded.

I then wondered why on earth we were officially a Foundation ? What the differences were between a Foundation... and an association and why do people set up Foundation or Association ? And whether all Foundations were with no members ?

Here are beginning of answers (from Kelly, Xirzon, Cimon, TimShell)

It's more common to see a foundation when the foundation was created to carry out one person's dream especially when that one person is substantially well-funded and where that person wishes to retain permanent control over the organization.

An association, contrariwise, is more commonly used when many people, often with limited resources, want to come together to accomplish a goal. The association format, with membership, is used to pool resources to accomplish what one could not do on his or her own. In a membership society the one individual will not be able to retain control for long, as the other members will generally expect to be allowed to have some say in the running of the organization. Associations often have staff.

There is more control in a non-member foundation than in a member association since there is less chance of outsiders joining and taking over a foundation than a member association. On the other hand, members of an association may be kicked off much more easily if things go wrong.

Foundations are more likely to have staff and are likely to be grant-issuing bodies e.g. the Bill and Melinda Gates Foundation, the Eli Lilly Foundation. Apache is called a foundation and has members. FSF also has membership

There's no legal distinction in the US between a Foundation and an association (well, there are at times) but an incorporated association and a foundation are not legally distinguishable except sometimes for tax purposes. They're both not-for-profit charities, corporations not engaged in business for profit and incorporated under statutes intended for that purpose

According to Wikipedia : Foundation (charity) — a kind of philanthropic organization, set up as a legal entity either by individuals or institutions, with the purpose of distributing grants to support causes in line with the goals of the foundation.

Foundations typically dispense money. WMF does not do this. As has been pointed out, the fact that WMF has the word Foundation in its title is a bit misleading. WMF is a non-for-profit corporation that is not really a Foundation, and which is misleadingly named. WMF is more accurately an association.

If we ever develop a sustaining endowment, *that* would be a proper foundation. The foundation (if we had one) would be the holder of our investments and would pay out to the association funds necessary to do its work.

Foundations are used for purposes where democracy is not an issue

Yesterday, I read this email from Lars, a long time wikipedian. He gives a good description of the creation of the Wikimedia Foundation, back in 2002-2003, which I believe, completes pretty well the historical time I gave at Wikimania, with a focus on the membership issue.

I think it is worth copying below for historical purpose and to comment upon later.


There was a decision point back in 2002 or so, where Wikipedia was still more or less Jimbo's private property, and the question was where to put it. Many Germans and other Europeans wanted a membership association, but Jimbo went for a foundation. Later (in 2004) the German national chapter was structured exactly like the membership association (Verein) that they had wanted also for the international body. There is a fundamental difference between the two kinds of organization, but I think this was more clear to the Germans than it was to Jimbo or most Americans.

(...)

However, one fundamental requirement for a membership association was also missing. The word "Verein" means union, a get-together of equals. The corresponding verb "sich vereinen" means "to unite", to team up. And there simply was nobody who equalled Jimbo. The German Wikipedians could get together as equals to form their national chapter. Their elected board was only slightly more into Wikipedia than the rest. There was nobody there with the God-like status of Jimbo.

I think the only way Wikipedia could have been turned into a real membership association is if a global "chapter" of wikipedians had been formed in 2002, without Jimbo, and then started to negotiate with Jimbo about the future rights to domain names and servers. As we all know, this didn't happen.

This leaves Jimbo with the decision, and it is a fact that his position is more like that of Bill Gates, Andrew Carnegie, or Alfred Nobel. One day he finds himself in possession of something that should live on after him, and there really is little point in his family to inherit it. What do you do in such a situation? You start a foundation. Its bylaws is your last will. If a board member needs to leave, the rest of the board must find a new board member. Many newspapers are owned by foundations, so it makes sense for a web media venture as well.

The fact that two out of five board members should be elected by the community is merely a curious detail of the Wikimedia Foundation. This is not expected from a foundation. Foundations are used for purposes where democracy is not an issue. And in fact the Wikimedia Foundation works perfectly alright without democracy, as does the Nobel Foundation. The former only needs to keep the servers running. The latter only needs to find the best scientists. Both tasks can be accomplished with a handful of administrators and a network of experts. These small tasks are independent of the whole body of article-editing or science that they serve.

Lars

mercredi, août 10 2005

Wikimania : des photos, des photos !

De façon assez scandaleuse, de très nombreuses photos ont été uploadées sur flickr plutôt que Commons). Voir quelques photos associées à Wikimania sur flickr... et une photo de ma petite personne ici

Wikimania et la fiabilité des sources journalistiques

De retour de Wikimania, mon esprit fourmille de nouvelles idées et de souvenirs. Mon retour est marqué par les appels de journalistes, sidérés par la dépêche de Reuters, annonçant le gel permanent de certains articles sensibles et "satisfaisant" en terme de qualité. Et bien NON, il n'est pas question de figer l'encyclopédie. Jimbo explique la confusion essentiellement par la double traduction englais->allemand puis allemand->anglais. Cela me semble un peu facile malgrès tout. Je crains qu'il ne se soit également laissé aller sur certaines pentes savonneuses par mégarde, ses mots dépassant sa pensée. Jimbo est partisan (depuis près de 2 ans) de la publication d'une version papier (la célèbre version V1,0), et en parle régulièrement à la presse, sans doute dans l'espoir de susciter un grand mouvement populaire... pour l'instant inexistant. Mais la réaction de la presse (francophone tout du moins) à la dépêche de Reuters est intéressante : plusieurs journaux ont passé la journée de lundi à me joindre pour valider le scoop... et en de confirmation, ont préféré ne rien écrire du tout. D'autres, avec hésitation, ont choisi de faire confiance à Reuters (source visiblement de confiance) et ont publié... puis publié 24 heures plus tard un démenti. Voir sur 01 Net. La réaction fut néanmoins unanime : normalement Reuters est une source de confiance, pourquoi n'ont il pas publié de démenti ? PS : Jimbo a effectivement démenti la rumeur... mais sur /.

mardi, mai 3 2005

Gallica, Yahoo, Google, altruisme et monopoles

Tiens, je vais faire un peu de publicité... voici les quelques questions que m'a posé Ariane Beky de Neteconomie.com.
1. En quoi la diffusion du savoir, telle que pratiquée par la Wikimedia Foundation, est-elle spécifique ? 2. Quel regard porte la Wikimedia Foundation sur les projets de "bibliothèques numériques" anglophones (Google Print Library Project, NYPL Digital Gallery) et francophones (BNF, Gallica, etc.) ? 3. Google et Yahoo vont fournir serveurs et capacité d'hébergement aux contenus émanant de la Wikimedia Foundation, dont Wikipedia "encyclopédie libre et gratuite". La monétisation des contenus n'est pas envisagée. S'agit-il d'une démarche purement altruiste ? 4. Wikis et Weblogs forment-ils l'avenir du journalisme sur Internet ?
Je vous invite à lire mes réponses sur www.neteconomie.com Pourquoi mentionner cet article en particulier ? Tout simplement parce qu'après quelques mois passés à faire découvrir les principes de base du projet à leur lecteurs, les journalistes commencent maintenant à évoquer des sujets plus pointus... sur lesquels nous nous interrogeons nous même. C'est ainsi que les associations locales et la Foundation ont régulièrement l'occasion de débattre de leur "mission" et de l'opportunité d'entrer dans le débat sur les copyrights par exemple. Ainsi, le statut quasi monopolistique de certaines organisations et leur influence sur la diffusion du savoir... doit il être mis en question ? Le copyrightage des versions numériques de documents tombés dans le domaine public est t-il acceptable ? La participation des .com dans le développement des .org est-elle envisageable pour le bénéfice de tous ? A débattre :-) Anthere

jeudi, avril 7 2005

Wikimedia Foundation et Yahoo ont annoncé aujourd'hui un accord d’hébergement

La Foundation Wikimedia et Yahoo! ont annoncé aujourd'hui qu'un accord d’hébergement avait été conclu entre les deux parties. Yahoo dédiera un nombre significatif de serveurs à l’hébergement des sites de contenu libre et gratuit de Wikimedia dans un centre situé en Asie. Jimmy Wales, président de Wikimedia Foundation, indique que cette offre d’une grande générosité sera en particulier bénéfique à la communauté wikipédienne située dans cette partie du monde. Le don de Yahoo! est destiné à aider les objectifs caritatifs de la Foundation Wikimedia, et n’implique aucun droit de propriété sur le contenu des sites web. Yahoo! n’attend pas de Wikimedia la mise en place de publicités en échange de son support. Par ailleurs, Yahoo! commencera à tester l’intégration de contenu de Wikipédia dans ses raccourcis en Français dans Yahoo! Search à partir du 7 avril 2005. D’autres languages seront par la suite ajoutés, en particulier pour les utilisateurs de Yahoo! situés en Asie, Amérique latine, Europe et Etats-Unis. Ces petits rectangles afficheront des informations pertinentes en provenance de Wikipédia, ainsi que des liens vers les articles en rapport, en réponse à des requêtes de la part des utilisateurs. Yahoo! fait partie des premières sociétés ayant aidé la Foundation Wikimedia. La première collaboration date de 2004, lors de l’intégration de Wikipédia, l’encyclopédie libre et gratuite dans leur programme d'acquisition de contenus. ----- Voir l'annonce officielle : ici

samedi, mars 19 2005

Quarto hiver - la lettre de la Foundation Wikimedia est sortie des cartons ! (enfin...)

Quarto Hiver. Quarto Hiver propose un résumé des activités de la foundation au cours du dernier trimestre 2004, ainsi que de multiples rapports sur la vie des projets. Aussi disponible, une interview exclusive de Larry Lessig.

dimanche, février 13 2005

C’est gratuit, cela cache quelque chose…

Je viens de lire une excellente interview de Tristan Nitot, le président de Mozilla Europe (Firefox), dans Linux Pratique de janvier février 2005. Entre autres, il répond à l’interrogation suivante : comment les gens qui développent du libre vivent t-ils ou en vivent-ils ? Ce point rejoint un ensemble de questions souvent posées au sujet de Wikipédia et des wikipédiens:
  • Mais si l’encyclopédie est gratuite, comment la financez vous ?
  • Mais de quoi vivent tous ces éditeurs qui passent des heures quotidiennement sur Wikipédia ?
  • Qu'est ce qui vous motive ?
Tristan fait une comparaison intéressante. Il évoque le monde du sport, et plus particulièrement du rugby, qui jouit encore de la présence de nombreux non-professionnels de très haut niveau. Les rygbymen se retrouvent le week-end sur le stade, et prennent grand plaisir à cette activité collective. Ensemble, ils s’entrainent, ils suent, ils prennent des coups et cherchent des strategies. De même les spectateurs profitent de matchs de grande qualité sans s’interroger sur le status de bénévoles des joueurs. Tout le monde se fait plaisir. Et personne ne songe à remettre en cause la qualité des joueurs sous le prétexte qu’ils sont bénévoles. Les artisans du libre, tels les wikipédiens, de façon similaire, se retrouvent souvent le soir, après les horaires de travail ou d’étude, pour ensemble créer des articles. Ils se prennent aussi des coups, mais ils retirent une immense satisfaction du résultat de leurs interactions avec les autres éditeurs. Le succès grandissant du projet et les commentaires enthousiastes provenant des lecteurs montre que le plaisir est aussi au rendez-vous pour les “spectateurs”. Tristan signale alors qu’on pourrait objecter que des coûts financiers sont inhérents à l’activité, tels l’entraineur, les tribunes et vestiaires, le bus pour transporter l’équipe. La même chose est vraie pour Wikipédia. Nous avons aussi des coûts, tels que les serveurs, leur hébergement, les noms de domaine, les fournitures de bureau etc… Toutes ces informations sont d’ailleurs visibles sur le site de notre fondation (Bank History 2004), ces coûts sont absolument incomparables à ce qu’ils seraient si les rugbymen passaient professionnels, ou si nous devions payer tous nos auteurs. Au final, par rapport au travail fourni, le coût est extrèmement faible. Tristan indique que chez Mozilla, tous les développeurs sont bénévoles, et qu’il n’y a au final que 12 personnes salariées. Après réflexion, la Wikimedia Foundation Inc, vient de decider d’employer deux personnes. L’une travaillera un jour par semaine sur les serveurs du lieu principal d’hébergement en Floride (pour seconder Jimbo) et l’autre à mi-temps sur diverses taches. Un comparatif intéressant serait de voir combien de personnes sont nécessaires dans la plupart des firmes commerciales pour faire fonctionner 50 serveurs… A l'exception de ces deux personnes, tous les wikipédiens sont volontaires. Certains ont un emploi, d'autres sont étudiants alors que d'autres encore sont à la recherche d'un emploi. Les mères au foyer et les retraités sont rares. Quant aux resources, d’où viennent-elles ? Chez Mozilla, Tristan indique qu’elles proviennent de ventes de tee-shirts et de sponsoring. Chez Wikipedia, les sources financières sont:
  • les donations faites par tout lecteur qui prend plaisir à assister au match… pardon, à lire nos articles… sans la moindre obligation cependant. Les donations constituent le plus gros de nos revenus (Faites_un_don)
  • le sponsorship et les donations (Subventions et sponsoring)
  • les ventes de tee-shirts (Wikipédia sur Cafe Presse) (en toute honnêteté, montant franchement très confidentiel)
Ainsi que le dit fort bien Tristan Nitot

“Au final, nous avons un produit libre et gratuit. Pourquoi ? Parce que cela ne nous coûte pas très cher de le faire, mais de la façon don’t nous le faisons – avec des bénévoles – est la seule façon de faire un produit de cette qualité, là où ça ne vaudrait pas le coup de le faire dans une logique commerciale”.

Mozilla Europe : http://www.mozilla-europe.org/fr/

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