Wikimedia (les projets)

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vendredi, juin 19 2009

Wikipédia et référencement

Je vais fournir le 10 juillet une formation "Wikipédia et référencement" à Paris (à priori destinée aux entreprises). Je détaille cette offre sur mon site http://www.devouard.com.

Evidemment, cette formation n'a pas manqué de soulever l'indignation d'une personne, laquelle s'est imaginée qu'il s'agissait de pratiquement vendre un emplacement publicitaire aux sociétés dans Wikipedia. Je l'ai rassuré en lui indiquant que mon objectif - qui a été clairement délimité avec l'organisme de formation - ne sera pas d'aider les entreprises à mieux faire passer leur com dans Wikipedia, mais de leur expliquer les rouages, les règles, le fonctionnement communautaire du projet. Ce qui inclu "quelle démarche en cas de désaccord d'ordre juridique" ou "comment réutiliser le contenu tout en respectant la licence libre".

L'association ayant reçu un mail de complainte, David Monniaux a fourni une excellente réponse (publication autorisée) qui me semble intéressante de reprendre ci dessous:


Il y a sur Wikipédia de nombreux articles portant sur des entreprises. Si pour certaines, l'intérêt d'avoir un article dans Wikipédia et surtout la possibilité d'avoir suffisamment de sources pour écrire un article convenable peuvent être douteux, pour d'autres (par exemple Michelin ou Sony), il n'est pas contestable qu'elles puissent faire l'objet d'un article.

Ces entreprises sont dotées de services dont le travail est de tenter de maîtriser l'image que l'entreprise donne. Ces services s'intéressent donc forcément à Wikipédia et aux articles dans lesquels l'entreprise est mentionnée.

Le problème est que, trop souvent, ces services ne comprennent pas le fonctionnement de Wikipédia et se livrent à des actions inadmissibles pour Wikipédia:

  • Effacement d'informations négatives envers l'entreprise, alors que des sources sérieuses les étayent.
  • Copie sur Wikipédia de textes typés "relations publiques" (élogieux, voire hagiographiques, et souvent très creux).

Ces modifications sont fréquemment annulées par d'autres contributeurs de Wikipédia. Les services de communication sont alors surpris et peuvent réagir de façon inappropriée :

  • Guerre d'édition.
  • Plainte à la Wikimedia Foundation demandant de leur accorder le contrôle exclusif de la page (jamais accordé).
  • Voire, parfois, menaces juridiques sur des prétextes fantaisistes.

Tout ceci nuit grandement tant à Wikipédia qu'à l'entreprise concernée.

En revanche, on ne peut pas non plus nier que les services de communication peuvent apporter à Wikipédia. Par exemple, ils peuvent mettre en ligne des informations pertinentes et nouvelles dès que l'entreprise les annonce (exemple: une entreprise change de PDG, il est normal que le service de communication puisse l'annoncer sur Wikipédia).

De même, il ne faut pas condamner a priori tout retrait de contenu négatif. Il arrive que des articles sur des entreprises contiennent des informations biaisés, voire diffamatoires. On ne peut pas reprocher aux intéressés de les retirer.

Bref, je pense que la formation de Florence vise à "recadrer" ces services de communication en leur expliquant comment Wikipédia "marche", ce qu'on peut y faire et ce qu'on ne peut pas y faire. C'est sans doute mieux que cela soit fait à l'avance dans un cadre confortable plutôt que dans les cris et les larmes.

jeudi, juin 11 2009

Hadopi et StreamGraph: représenter les flux d'information issus de Twitter

En lisant Twitter ce matin, je suis tombée sur un twit de crid signalant un blog post listant une série d'outils de visualisation sur vizworld.com. Le sujet m'intéressant, j'ai foncé.

J'en ai testé un seul pour l'instant, StreamGraph. J'ai fait quelques tests. Voir le test ci dessous fait avec le terme "Hadopi". Le graph est un peu petit, il court de mercredi 17h environ (la décision de censure de la proposition Hadopi par le Conseil Constitutionnel était déjà annoncé). On voit très bien les heures de creux de la nuit... pour un redémarrage plein d'énergie au petit matin...

mercredi, juin 10 2009

Développement et diffusion de contenu pédagogique francophone tourné vers l'agriculture

J'essaye de monter un projet pour améliorer l’accessibilité et la visibilité des ressources numériques francophones pour les secteurs agronomie/agriculture. J'ai développé une courte présentation (voir si dessous) d'un projet pour lequel je recherche un financement et éventuellement des partenaires.

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samedi, avril 18 2009

OpenStreetMap: la cartographie libre

Je viens de trouver un post sur un blog stimulant la réflexion.

OpenStreetMap, pour ceux qui ne connaissent pas, est un projet de réalisation de cartographie à l'échelle mondiale... par des bénévoles. Même concept que Wikipedia. Voir un des rares articles dans la presse française sur OpenStreetMap.

Deux intérêts majeurs:

Le premier, les cartes sont libres de droits, donc peuvent être modifiées et réutilisées par tout internaute, y compris sur d'autres projets. D'ailleurs, Wikipedia intégrera ses cartes dans le futur: décidé par les équipes de développeurs début avril 2009, cette nouvelle a retenu l'attention de la presse allemande (mais non de la française... ni de l'anglaise, pourtant OpenStreetMap est un projet à l'origine britannique. Bizarre. Voir par exemple, sur le site de Heise Online.

Le second est bien décrit sur perspectives-numériques.net. Le post met en évidence des écarts qui ne semblent pas pouvoir être justifiés par un bug, pour le Caire, entre la carte de GoogleMap et celle d'OpenStreetMap. Je passe sur le "Google ment" (ça m'agace vraiment de lire qu'on accuse une société de mentir), l'interprétation est tout à fait plausible: Google serait soumis à pression par le gouvernement égyptien, pour mettre en place un petit "décalage" (crainte du terrorisme), alors qu'il n'est pas possible de soumettre les bénévoles établissant les cartes d'OpenStreetMap. Hypothèse non vérifiée, mais intéressante et plausible.

jeudi, avril 16 2009

Définir l'holoptisme

Je viens de tomber sur un billet de xtof incluant une vidéo de Jean-François Noubel (l'auteur de ce petit bijou qu'est Intelligence collective, la révolution invisible, un de mes tops 5 articles préférés pour les dernières années).

Vidéo à voir absolument (moins de 6 mn).

L'holoptisme est une des propriétés qui apparaît dans un petit groupe (5-25 personnes): c'est la possibilité pour tout membre du groupe à pouvoir appréhender la totalité du groupe et de son activité.

Le panoptisme est une propriété qui apparaît dans les grands groupes: c'est typiquement la structure de la montagne, tout le monde n'a qu'une vision partielle de l'ensemble. Celui au sommet voit tout, mais n'a pas accès aux détails. Celui en bas voit le détail du bas, mais ne voit pas le sommet.

Typiquement, un projet tel que Wikipedia, malgré sa taille et un nombre de membres élevé, permet de retrouver cette propriété particulière qu'est l'holoptisme, grâce aux outils particuliers que sont "les modifications récentes", les "contributions d'un utilisateur", les "pages de discussion", "l'historique des articles" etc...

La plupart des contributeurs ne cherchent pas à savoir tout ce qui se passe (dieu merci pour eux), mais chacun a la possibilité (s'il le souhaite) de voir à la fois le projet dans son intégralité, ou de partir fouiller dans les détails. C'est grâce à une telle propriété que les participants peuvent d'eux même, voir ce qui se passe, voir qui s'occupe de quoi, voir ce qui n'est pas pris en charge, et finalement décider du projet dans lequel ils vont s'investir. L'holoptisme permet dans une large mesure de s'affranchir de la coordination et est un des facteurs clés nécessaire à l'émergence d'une intelligence collective.

La vidéo hébergée sur devouard.com.

mercredi, mars 18 2009

Defence of Human Rights

Two weeks ago, I was a participant at a panel (Communicating Human Rights through Technology) at the HURIDOCS Conference in Geneva. To be fair, I had a glimpse in a completely new area I know little about, Human Rights. It was incidently the opportunity to discover that an article of the Universal Declaration of Human Rights (full text on WikiSource) includes a rather unknown article. Ask anyone in the street, they will tell you about "the right to life", "No one shall be subjected to torture", "Everyone has the right to a nationality", or "Everyone charged with a penal offence has the right to be presumed innocent until proved guilty". And of course the famous "Everyone has the right to freedom of opinion and expression".

But did you know that

  • Article 27 states: (1) Everyone has the right freely to participate in the cultural life of the community, to enjoy the arts and to share in scientific advancement and its benefits.
  • And 29: (1) Everyone has duties to the community in which alone the free and full development of his personality is possible.

I did not know myself. Thinking of Wikipedia, I thought we were linked to Human Rights mostly due to these "right to education" and "freedom of speech" things. But we actually go far beyond. I also appreciate that the Declaration is not only about Rights, but also about Duties.

Anyway, I consequently discovered Huridocs, an organization developing and providing technological tools to help organizations promoting Human Rights. And I wanted to point out to three "tools".

First tool, Using video in advocacy. Sitting on the panel was Sam Gregory, program director of WITNESS. Witness uses online technologies and videos for advocacy. Pretty impressing presentation and free resource available on the witness website (the book is "Video for Change: A Guide for Advocacy and Activism", it may be purchased or is available for download online in several languages). It reminds me of 2007 when Jimmy made a video calling for donations. It was a pretty decent video overall (but for the twisting hands and the weird scary eyes at the beginning of the video), but compared to some of the (very disturbing) videos I saw at Huridocs, there is no doubt a more professional approach when making videos could do wonders.

Second tool I discovered is Hushahidi, a plateform that crowdsource crisis information. The speaker was Patrick Meier, but the topic was also presented a few hours later at LIFT (which was just taking place one level below HURIDOCS). I would not be surprised that this becomes a hot topic in the next few months all over Europe. Ushahidi is a free and open source project with developers hailing from Kenya, Ghana, South Africa, Malawi, Netherlands and the USA working on it. The platform allows anyone to submit crisis information through text messaging using a mobile phone, email or web form.
The information is then displayed on a map, along with category information. There is an overview of plotted incident over time, plus official reporting. Have a look here. There is still much to improve, but that's clearly a very interesting tool to follow.

The last tool which raised my thoughts is Hurisearch. It is a multi-lingual (77 languages) web search engine developed by HURIDOCS to provide faster and more precise access to human rights information. HuriSearch provides access to over 4,500 human rights websites, with a total of over 3,6 million pages. Okay, great concept.
But then I asked an Huridocs person to show me the tool. Gives very good results, and mostly, no ambiant noise as one may find on Google. However, when I asked him who was updating the "search volume" (eg, adding a new website, removing a new website), the answer was "me". In short, that's a one person (or one small group of person) updating the search volume. I would not be surprised (though I did not check to be fair) that the volume mostly include rather mainstream websites, non controversial and probably not in too many languages websites (for practical reasons). Would not it be great if the search volume was in the hand of the community using the website (rather than in the hands of the organization providing the tool) ?

Right now, the main "users" of the search tool appear to be the members of Huridocs. It could be conceivable to change the system so that members of Huridocs can propose new websites or drive removal of websites, or of individual pages for that matter (such as a blog page, or a press release). Users could also vote (approve or disapprove) websites, with an impact on the search (websites appear higher or lower in the search result) or no impact (visual stars simply show readers' appreciation of the content).

When I mentionned the idea to Huridocs, the answer was not quite clear. But the more I think about it, the more it seems to me that such a tool could interest private groups (such as associations, communities of practice, clubs). Just provide a search&community platform and let the community decide what the search volume should be.

samedi, février 28 2009

Les femmes camerounaises, internet et l'amour

Je me suis vraiment faite plaisir hier lors de la conférence donnée par Baba Wamé sur l'appropriation de l'internet au Cameroun par les femmes camerounaises, au sein de la session "love in the 21st century" de LIFT09. La vidéo peut être trouvée ici: http://www.nouvo.ch/liftvideo

Avec un humour tout africain, de la simplicité, de l'humilité et un amour visible pour ses soeurs africaine, Baba nous a raconté le temps passé par les femmes sur les sites de rencontres, en quête de l'homme blanc qui saurait engendrer le métis tant attendu et amener l'argent si nécessaire à la survie de la famille (un joli terme, "mon western union", désigne l'ami à 6000 km, l’échange a commencé, l'homme est testé en demandant de l’argent pour l’école et ça arrive par Western Union). En particulier

  • L'aménagement de boxes dans les cybercafés (avec rideaux à l'arrière pour plus de discrétion lorsque le correspondant numérique veut voir plus que le sourire). La très grande majorité des camerounais n'accède à internet que depuis des cybercafés;
  • L'importance à garder de bonnes relations avec les moniteurs du cybercafé. Le moniteur est va parfois être celui qui reproduit par écrit sur le web les détails donnés en dialecte par la femme (qui ne sait pas écrire et connait mal le français);
  • Le caractère essentiel du mysticisme et du marabou local, qui indique la couleur du corsage que doit porter la femme pour mieux séduire, ainsi que les heures appropriées pour se connecter;
  • La source de l'argent nécessaire pour payer le cybercafé, encore très cher: le père, les enfants, les cousins ou l'oncle, tous intéressés dans l'affaire;
  • La cible d'âge: non pas 25-35 ans, mais au minimum 40 ans, 50 ans, c'est mieux, 60 ans, c'est parfait (l'homme jeune étant pauvre, ennuyeux et demandeur d'attention);
  • L'influence de Dieu dans toutes les décisions. Et de la fidélité;
  • Et l'importance également de la communauté des femmes, les monitrices, qui ensemble, collectent les données sur chaque homme, et avertissent leurs soeurs de ceux qu'il faut éviter;
  • Et l'usage de la poésie, dont il donne un exemple, très beau: Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. René Char;
  • Les femmes s'inscrivent parfois comme "célibataires" alors qu'elles sont mariées et ce... avec l'accord de leur mari ! Cela m'a rappelé un diner un soir à la maison, avec un des collègues chercheurs de mon mari, africain, mais pour quelques mois en France (femme et enfants restés au pays). Lors de ce diner, il nous déclare "je suis beaucoup plus proche des enfants de ma soeur que de mes propres enfants". Regards perplexes. Et il reprend "oui, les enfants de ma soeur, je suis sûr qu'ils sont de mon sang... les miens, non.". Le tout dans la bouche d'un quarantaire très respectable;
  • Et puis le plus triste. Un ROI (retour sur investissement :-)) de l'ordre de 10% (le mariage), mais aussi... dans 60% des cas, le trottoir. La femme mariée à Yaoundé, qui part pour la Suisse ou la France et qui dans la majorité des cas... se retrouve dans une filière de prostitution, et qui ne reviendra jamais car revenir sans argent... est exclu. Donc, la femme ne revient pas;
  • Une note positive toutefois. Même si certaines des femmes se retrouvent sur le trottoir, elles sont vivantes. Alors que beaucoup partent en barque... et se noient.

J'ai beaucoup ri. Beaucoup souri. Et beaucoup apprécié cet exposé, tellement révélateur des différences culturelles entre les pays. Différences d'usage. Et ces nouveaux usages créent un nouveau vocabulaire. Tel que le western union précédemment signalé. Mariage affection.org (mariage fait par le biais d’internet). Couple Internet (femme noire, homme blanc).

Bravo Baba et merci.

La conférence qui suivait, de Frank Beau, sur metromantics (internet messages about romantic encounters in Paris’ metro) m'a laissé un goût un peu métallique dans la bouche. Très impressionnée par son bagoût, sa richesse de vocabulaire et son inventivité (pauvres traducteurs cependant...), je ne peux m'empêcher de renacler un peu à l'idée qu'une personne puisse être payée par la RATP pour développer un délire pareil. Je dois être trop psycho-rigide, trop ingénieur, pour apprécier. Aie.

Note ultérieure: Frank clarifie le fait que la majeure partie de son intervention est totalement indépendante de son travail à la RATP. Donc soit. Reste la beauté du mot et l'imagination, à saluer.

lundi, janvier 26 2009

« Wikipédia: découvrir, utiliser, contribuer »

En quelques années, Wikipédia est devenue un outil incontournable sur Internet. Depuis le 08 janvier 2008, un nouvel ouvrage « Wikipédia découvrir, utiliser, contribuer » est disponible en librairie et sur internet.

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mercredi, décembre 10 2008

Ouvaton, fin de l'hébergement coopératif en ce qui me concerne

Depuis plusieurs jours, mon hébergeur de sites/wikis/blog/mails patauge. Après plusieurs échanges de messages pour me plaindre de l'extrème lenteur voire de l'arrêt complet d'accessibilité de mes sites, le bilan est tombé:

Notre infogérant pour sauver la plateforme a fermé à la hâche plus d'une centaine de sites qui participaient à l'affaissement des ressources... et naturellement sans les moyens d'avertir les coopérateurs.

J'ai encore de la chance, mes mails marchent toujours. Sinon, c'était déménagement dans l'urgence la plus extrème. Etre sans email fonctionnel de nos jours n'est plus possible. Le blog est toujours là. Et le wiki, bien que lent, marche toujours (heureusement, c'est là que je garde beaucoup d'infos assez nécessaires au quotidien).

Mais pour le reste, mon site pro est inaccessible. Le site de ma commune est inaccessible. Et le site pro de mon mari est inaccessible.

Donc, activité d'urgence prévue pour la fin de l'année: quitter Ouvaton. Quelqu'un a t-il des plateformes à me suggérer, accessible à une entreprise individuelle (et donc offrant certaines garanties), à des tarifs décents, pouvant héberger blog, wiki, et spip ?

dimanche, décembre 7 2008

Pornographie infantile, deux poids et deux mesures

Ce matin, à ma première connection sur irc, j'ai été accueillie par un "Anthere2, Ca fait quoi d'etre l'ex-presidente du CA d'un site pedophile".

Quoi ?

Et oui, dure nouvelle. Ce matin, (au moins) une page de Wikipédia est bloquée à la majorité des utilisateurs britanniques. On peut trouver plus de détails sur Wikinews et sur le blog d'Alison Wheeler (ancienne présidente de Wikimedia UK).

Pour faire court, il existe un organisme britannique, l'Internet Watch Foundation, qui publie des listes de pages internet de sites qui contiennent du contenu de type "illegal child sexual abuse content". Pornographie infantine. Six des fournisseurs d'accès internet en Angleterre ont développé et implémenté des systèmes de filtrage qui bloquent l'accès à ces pages à leurs clients.

Apparemment, l'Internet Watch Foundation a listé (au moins) une page de la wikipédia anglophone (Virgin Killer) comme étant "à risque", en raison de la présence sur cette page de l'ancienne jacket d'un album sorti par les Scorpions (raaahhhh, toute mon enfance). La photo en question. Nous n'avons pas été averti de cette "mise à l'index", mais il semble que cela ait eu un effet annexe imprévu, entrainant le blocage en écriture de nombreux participants anglophones.

Au cours des dernières heures, nous avons reçu de nombreux emails de britanniques ne pouvant plus participer à Wikipedia. Ce qui nous a amené à investiguer l'affaire. Il est possible de voir le bug ouvert à ce sujet sur Bugzilla (16569 Contributions from major UK ISPs being assigned to the same two IP addresses) (extrait: ''It seems that all customers of Virgin Media are being assigned the IP address 62.30.249.131 when they edit Wikipedia. Similarly, all customers of Be Unlimited are being assigned the IP address 89.167.221.3. This produces all the usual problems associated with shared IP addresses on a much exaggerated scale''.)

Alison, britannique elle-même, nous confirme qu'elle ne peut plus accéder à l'article Virgin Killer. La page lui offre le message suivant: ''"We have blocked this page because, according to the Internet Watch Foundation (IWF), it contains indecent images of children or pointers to them; you could be breaking UK law if you viewed the page." ''

Il n'est pas question de nier le fait que cette photo contienne un fort sous entendu. Il n'est pas non plus question de défendre les pédophiles, loin s'en faut.

Mais tout de même, de se poser quelques questions.

Primo, les musées et de nombreux ouvrages d'art sont pleins de photos légèrement tendancieuses, petits angelots en train de batifoler, mains baladeuses pinçant des bouts de sein, tendres adolescentes dénudées etc... qui sont accessibles à tout public. Vient le moment où il faut quand même se demander ce qui constitue de la pédophilie ou un appel à la pédophilie. Ou pas. En l'occurence, cet album n'est pas interdit en Angleterre, mais si la couverture représente une scène qui a choqué et qui a été par la suite remplacée. La couverture a été reproduite dans de nombreux livres (non condamnés).

Deuxio, la page qui a été bloquée représente un texte. Et non une image. L'image est inclue dans le texte. C'est l'image qui aurait pu être bloquée; le texte lui-même n'a rien de choquant. Censure abusive.

Troisio, la même photo se trouve sur internet sur d'autres sites. A commencer par ... Amazon, qui vend le disque en question, et affiche très clairement les différentes versions successives de la jacket. Amazon qui n'est nullement bloqué pour les internautes britanniques et qui n'affiche aucun message appelant les internautes à être conscient du caractère illégal de son contenu. Quand à Amazon UK, il en affiche tout de même une version basse résolution. Deux poids deux mesures. On bloque sur Wikipedia, mais on ne bloque pas sur Amazon.

Mais pour aller plus loin, il faut aussi se demander si l'image en question tomberait en effet sous le coup de la loi britannique (Protection of Children Act 1978). Après tout, un organisme peut très bien aider les citoyens à déterminer ce qui est effectivement potentiellement illégal et dangereux pour tout public. En tant que mère de famille, je pourrais par exemple choisir de bloquer sciemment sur l'ordinateur de mes enfants, tous les liens fournis par une organisation de veille. Mais il s'agirait d'un geste volontaire de ma part. Je ne serais non plus défavorable nécessairement à ce que l'affichage de telles pages soient précédées d'une alerte, précisant que la page appelée est potentiellement illégale dans mon pays. Je serais alors libre de choisir de voir ou non la page en question.

Ce n'est pas ce qui se passe dans le cas présent. L'Internet Watch Foundation, à tort ou à raison, fournit une information. Et les fournisseurs d'accès à internet décident d'appliquer un filtrage sur ce contenu. Dans le cas d'application d'un filtrage, cela signifie que le fournisseur d'accès décide lui-même d'appliquer la loi et de considérer le fait qu'un contenu soit légal ou non. Faut-il en appeler à la justice pour que le contenu filtré soit à nouveau public ? Un fournisseur d'accès devient-il l'égal d'un tribunal ? bizarre

Et puis de quel droit un fournisseur d'accès s'arroge t-il le droit de décider non seulement ce qui est légal de ce qui ne l'est pas, mais en plus d'obliger un citoyen à appliquer la loi ?

Enfin, sans le blocage imprévu de très nombreux utilisateurs britanniques en écriture, nous aurions peut-être mis longtemps à découvrir que cette page était bloquée en lecture. Il est possible que d'autres pages soient bloquées sans que nous en soyons conscients. Et c'est tout de même ce qui est bizarre. Un fournisseur d'accès internet, qui n'est ni la justice, ni la police, se permet de bloquer l'accès en lecture à la majorité des britanniques, sans que le blocage soit connu... ni des internautes, ni même des gestionnaires du site bloqué.

Belle démocratie.

Et bien entendu, le problème sous-jacent est celui de mise en place de mesures de filtrage à l'échelle nationale. Lire l'excellent article sur écran.fr, qui explique l'origine des dégâts collatéraux de Wikipédia.

En attendant, belle publicité en perspective pour l'Internet Watch Foundation, et forte visibilité garantie pour les scorpions.

Note ultérieure: l'article sur Wikinews semble contenir de nombreuses approximations, voire même des erreurs. Mais c'est le premier article que j'ai pu lire dimanche matin sur le sujet. Depuis, la presse se déchaine. L'article par l'AP semble être de bonne qualité.

samedi, octobre 25 2008

Stats d'accès aux différents projets Wikimedia

Un post très rapide pour souligner l'existence de stats très intéressantes fournies par Erik Zachte sur son blog Infodisiac.

Erik fournit toutes les données adhoc pour les fanas de manipulation de données, mais le camembert suivant résume l'info intéressante, à savoir la ventilation du nombre de pages vues des différents projets Wikimedia.

Grâce aux mesures de traffic de comscore, nous savons déjà qu'en juillet 2008, les visiteurs uniques des sites wikimedia sont au nombre de 244 millions, avec un temps de visite moyen de 3,4 minutes. Comscore estimait aussi l'audience des autres projets aux valeurs suivantes: Wiktionary 5.1mm UVs, WikiBooks 2.7 million UVs, WikiQuote 2.1 million UVs, WikiSource 1.9 million UVs, et WikiNews .6 million UVs. A noter, cette info n'inclut pas Wikimedia Commons.

Erik enrichit cette info, en incluant dans ses stats Wikimedia Commons. Attention, il s'agit du nombre de pages vues, et non de visiteurs uniques.

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jeudi, octobre 9 2008

Définir la Wikinomie

A deux reprises au cours des dernières semaines, j'ai réalisé la méconnaissance du terme "Wikinomie" et l'intérêt potentiel du terme pour plusieurs personnes. Dans un premier temps, j'ai été contactée par un journaliste, qui travaillait pour une société (que je ne nommerais pas) et souhaitait rédiger un article sur la Wikinomie dans une revue interne au groupe. "On" lui a suggéré mon nom. Merci !
Et puis la semaine dernière, je vais participer à un panel, devant une salle dans laquelle les économistes et les sociologues étaient très largement représentés. J'ai saisi l'opportunité d'utiliser le terme et de demander "qui" dans la salle le connaissait. Que l'homme de la rue, voire même le wikipédien, ne connaisse pas ce terme, je le conçois tout à fait. Par contre, qu'un économiste ou un sociologue qui se targuent de travailler sur le phénomène du web actuel... n'en ai jamais entendu parler, voilà qui est étonnant. En l'occurence, sur 300 personnes environ, seules 2 personnes connaissaient le mot "wikinomie". Diantre !

Je suis revenue du colloque en décidant d'écrire un "p'tit quelque chose" sur le sujet. C'est chose faite, mais j'ai la flemme de l'écrire à deux endroits (deux formatages différents...). C'est donc ici: http://www.anthere.org/spip/spip.php?article29.

Commentaires (critiques et corrections inclues) bienvenus !

lundi, juillet 28 2008

Samia, Raoul et les autres

Je viens de lire un blog post tout à fait sympathique de Brianna, relatant sa rencontre avec Samia, la professeure d'art du Caire.

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mardi, juillet 22 2008

Des yeux de quartz et d'obsidienne

Enfin de retour de la fabuleuse Egypte où se déroulait Wikimania 2008. Ce qui restera mon souvenir le plus fort ? Les femmes égyptiennes.

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jeudi, juillet 3 2008

Giovanni di Stefano et son procès contre Wikipedia

Il y a des jours à se taper la tête contre les murs de la (censuré) humaine. Première lecture du web ce matin, l'article étonnant de The Independant qui relate la discussion d'un journaliste et de Mr Giovanni di Stefano, célèbre avocat italien ayant décidé de faire un procès à la Wikimedia Foundation pour diffamation dans l'article qui lui est consacré.

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lundi, juin 30 2008

Message destinés aux bloggeurs wikipedia

Avec un peu de chance, certains d'entre vous suivent le fil RSS de l'aggrégateur de Dereckson....

Je voudrais vous rappeler qu'il existe une planet Wikimedia. La version francophone est toujours en incubateur, en raison du faible nombre d'inscrits. Le lien permettant de vous inscrire sur Planet Wikimedia est ici.

mercredi, juin 4 2008

De la motivation...

Depuis que j'ai décidé d'utiliser ma passion pour les outils du web collaboratif pour évoluer dans la sphère professionnelle, je m'interroge doublement sur les aspects de motivation, chez l'adulte en particulier.

L'usage d'un wiki s'est révélé particulièrement réussi pour la construction d'une encyclopédie telle que Wikipédia, mais l'usage des wikis dans le monde de l'entreprise et des collectivités est encore très peu répandu (en particulier en France). Pour autant, il est intéressant d'analyser les facteurs limitants à la mise en place de ce type d'outil. En général, les usagers du wikis s'accordent pour dire que la mise en place technique d'un wiki n'est pas un problème. Toute équipe informatique est parfaitement capable de le faire, la principale question technique étant généralement "quel wiki" (il en existe de très nombreux, voir l'excellent site de comparaison Wikimatrix).
Plus souvent, la limitation dans l'adoption est tout simplement due au manque d'information, beaucoup s'imaginant qu'un wiki ne peut être utilisé QUE pour créer des encyclopédies (à l'image de Wikipédia), ou d'autres s'imaginant qu'un site wiki ne peut marcher qu'à la condition d'avoir une communauté d'au moins une centaine de personnes. Pour ceux là, les priorités sont de leur présenter les différents usages du logiciel (gestion de projet, création de documents en commun, préparation de réunions etc...) et leur citer des exemples de réussite de wiki plus modestes en taille que Wikipedia.

Mais en réalité, pour tous ceux qui ont 1) réalisé l'intérêt potentiel de l'outil wiki et 2) une équipe informatique capable d'en assurer la mise en place et la maintenance, la plus grande difficulté est en fait de faire vivre, se développer le site wiki. Il existe plusieurs facteurs pour assurer la réussite du projet et parmi ceux ci, le facteur motivation.

Même sur le plus grand wiki du monde, disposant probablement de la plus grande communauté collaborative sur internet, je suis régulièrement confrontée à cette problématique de la "motivation". Pas plus tard qu'il y a deux jours, je convie les wikipédiens français à venir participer au wiki des Assises du Numérique, opportunité unique de relayer nos besoins et nos propositions au gouvernement français actuel sur le futur numérique de la France. L'outil est disponible, tout wikipédien sait utiliser un logiciel wiki, l'environnement est favorable (ouvert à tous...), l'objectif est précisément de nous permettre de nous exprimer etc...On pourrait donc imaginer qu'un certain nombre de wikipédiens convaincus se précipitera pour participer à ce brainstorming virtuel.

Il n'en est rien ! Après mon appel, la SEULE réaction obtenue est un laconique "Connaitront elles le même destin que les Cahiers de doléances ?" J'avoue avoir de la peine à concevoir un tel manque de motivation, ou du mal à concevoir qu'aucun wikipédien n'ait l'envie de faire une petite proposition...

Pourquoi les gens font-ils certaines choses ? Et non d'autres ? Pourquoi de cette façon ci et non de cette façon là ? Si l'idée fondamentale est que l'on ne peut pas changer la nature des gens, autant malgrès tout essayer de voir comment construire une organisation où les gens travaillent plus, mieux et avec plaisir.

Le fait est qu'on peut entretenir la motivation, mais on ne peut pas la créer. L'idée est donc d'identifier ce qui motive un individu (et un groupe d'individu), mettre en place une structure qui satisfasse à la fois les besoins de l'individu et ceux de l'organisation, et comprendre les mécanismes de stimulation et de blocage de la motivation.


Comme beaucoup d'internautes, je connais la célèbre Pyramide de Maslow (également appelée pyramide des besoins). Constituée de strates successives, elle identifie (au moins) cinq types de besoins (il existe des versions plus complexes)

  • les besoins primaires ou physiologiques (par exemple, le salaire, permettant de payer nourriture, chauffage et toit)
  • les besoins de sécurité (anticipation de sa retraite, prévention pour les cas de maladie)
  • les besoins sociaux (interactions avec autrui, communication)
  • les besoins d'estime (reconnaissance, status)
  • les besoins d'épanouissement (envie de progresser, de se développer, d'apprendre).

Le mérite de Maslow est d'avoir identifié les types de besoins. Par contre, le modèle en strate (selon lequel on ne peut pas passer à une strate supérieure tant qu'une strate inférieure n'est pas satisfaite) s'est révélé complètement erroné. En effet, nous pouvons avoir des besoins très différents selon notre époque de vie, et donner plus ou moins d'importance à une strate, quelle soit inférieure ou supérieure (par exemple, certains artistes ayant un énorme besoin de reconnaissance ont vécu dans la misère la plus crasse). La conclusion essentielle que l'on peut tirer de Maslow est qu'il existe différents types de besoins.

C'est une première piste de réflexion pour comprendre les besoins de collaborateurs. En effet, un wiki est par définition extrèmement labile, une des priorités à sa création est d'identifier le ou les objectifs du site. On ouvre pas un wiki pour le plaisir d'ouvrir un wiki. Espace peu structuré, il est important de définir dès le départ, objectif(s) et un minimum de règles de vie. L'objectif primaire du site sera lié à l'organisation, mais les objectifs peuvent inclure un aspect de revitalisation de groupes de travail. Dans tous les cas, il faudra étudier à la fois le besoin de l'entreprise et les besoins des futurs participants.

A posteriori, un certain nombre d'études ont été publiées pour comprendre la motivation des wikipédiens. On trouvera quelques pistes sur ce blog. En résumé, les principaux facteurs de motivation relevés sont

  • fun (c'est amusant)
  • compréhension/apprentissage
  • social (travail collaboratif, interactions sociale)
  • valeurs altruistiques, idéologie
  • carrière (construction d'une réputation)
  • égo

Comme on pouvait s'y attendre, les motivations sont essentiellement placées dans la sphère du social, de l'estime et du besoin d'épanouissement. Les résultats complets de l'étude peuvent être trouvés ici. Il est intéressant de noter que les deux facteurs les plus notés sont l'amusement et l'idéologie. Personnellement, après avoir suivi cette communauté pendant plus de 6 ans, je pense qu'il y a un peu de "delusion" sur ces données, mon impression étant que le facteur idéologique pourrait être (assez largement) sur-représenté. J'imagine que le sondé se sent plus confortable à penser qu'il agit dans un objectif de "valeur" (la connaissance pour tous) plutôt que par "solitude" (il est émotionnellement beaucoup plus enrichissant de passer une soirée à inter-agir avec d'autres wikipédians qu'à regarder la télé). A noter, cette étude a été faite uniquement sur la communauté anglophone, et les motifs varient probablement selon les cultures. On notera également que l'échantillonnage laisse à désirer, puisque la participation au sondage est choisie par l'internaute et surtout, n'a touché que la population ayant une page utilisateur.
Il est évident qu'un wiki professionnel ferait beaucoup plus référence à des critères physiologique, ou de sécurité ou de partage de connaissances.


Herzberg a proposé une autre approche, qui est intéressante
Il différencie les facteurs d'hygiène et les motivants.

Les facteurs d'hygiène sont tout ce qui est nécessaire pour ne pas être démotivé. Il peut s'agir du salaire, des relations entre collègues, de l'autonomie dans le travail etc... Ces facteurs d'hygiène n'apportent en fait pas réellement de facteurs de motivation, mais si les choses dérapent, ils peuvent démotiver la personne.

Les motivants sont ce qui permet de se projeter dans le temps (par exemple, la perspective de nouvelles responsabilités, une prime spécifique, une formation...)

Les deux constituent la carotte et le baton. Les motivants doivent changer, car une fois acquis, ce ne sont plus des motivants, mais deviennent des facteurs d'hygiène. Par exemple, une femme qui souhaite passer à 80% du temps de travail pour avoir plus de temps libre verra la satisfaction de cette demande comme un facteur motivant. Mais 6 mois plus tard, il ne s'agira plus que d'un facteur d'hygiène. La suppression de cet avantage créera de la démotivation. Pareil pour la prime lié à un chantier exceptionnel (motivant), versus la prime "par défaut" en fin d'année (13 eme mois), qui ne motive plus, mais démotive grandement l'année où elle n'est pas touchée. Le challenge devient alors d'être capable de "fournir" régulièrement de nouveaux motivants.

Les spécialistes remettent un peu en cause cette approche, estimant qu'un facteur donné peut en fait agir à la fois sur la motivation et la démotivation. Ce qui parait important toutefois est de noter que certains besoins ne sont pas des facteurs de motivation.

Un des problèmes que l'on rencontre typiquement sur les wikis est le fait que personne ne soit généralement "en charge" de quelque chose. Donc, si à moment donné, il n'y a personne de motivé pour remplir une certaine tache... cette tache est tout simplement négligée. C'est la raison principale pour laquelle un wiki est aussi toujours un "work in progress". Sur Wikipedia et d'autres wikis, différents systèmes ont été mis en place pour

  • identifier les taches orphelines non prises en charge et informer des participants de leur existence (cela est souvent suffisant)
  • pousser les participants à prendre la responsabilité de ces taches.

La problématique étant d'identifier les "motivants" et de les maintenir dans la catégorie "motivants" (plutôt que facteurs d'hygiène)

Sur mediawiki par exemple, on identifiera typiquement les taches orphelines dans les pages spéciales. Par exemple

Mais d'autres méthodes ont aussi été utilisées avec plus ou moins de bonheur

  • La mise en place de statuts (eg, administrateur, bureaucrate...) (permet la mesure d'une certaine réputation)
  • la création d'une banque virtuelle (bourse aux échanges, de services, de bons procédés)
  • la décerne de décoration (médaille pour service rendu. Attention, le service rendu doit être identifié pour plus d'effet). On constate que ce système fonctionne bien dans le milieu anglosaxon, mais colle mal à la culture française
  • sélectionner un jour dans l'année et le qualifier de "jour de EditeurX" (pour services rendus, exemple, Brion's day)
  • identifier la photo du jour
  • distribuer des récompenses à valeur éthique pour la personne ayant fait le plus d'ajout (eg, gain de points KIVA chez CapGemini)
  • ou le barnraising, activité collective à durée limitée dans le temps et objectif final clairement défini (teambuilding)

Mais toutes ces techniques montrent leurs limitations en ceci qu'elles ne fonctionnent que SI il y a motivation. Parfois aussi, il semble que la personne puisse être motivée, mais pour autant, ne passe pas à l'acte. Il est donc nécessaire de non seulement stimuler la motivation, mais aussi d'identifier ce qui bloque la motivation proprement dite.


Une troisième approche m'était encore récemment inconnue, l'approche de VROOM.

Cette théorie ne se concentre pas sur les "besoins", mais sur les "outcomes", ce qui est particulièrement intéressant dans le cas d'un wiki (l'objectif primaire étant généralement le fonctionnement correct du site, et non la satisfaction des participants).

Vroom s'est interrogé sur le fonctionnement de la motivation et a défini la théorie V.I.E. (valence, instrumentalité, expectation)

  • Expectation (ou attente) (suis-je capable de faire cela ?). Par exemple, il s'agira d'avoir les bonnes resources disponibles (le temps, les outils), d'avoir les bonnes compétences pour faire le travail, et d'obtenir le soutien nécessaire pour faire le travail (eg, soutient explicite de la part d'un supérieur hiérarchique)
  • Instrumentalité (est-ce-le bon moyen pour moi ? si je fais ceci, alors est-ce que j'obtiendrais cela en retour ?). Ceci requiert la compréhension de la relation existant entre la performance et le résultat (ie, les règles de récompense), la confiance dans les personnes prenant les décisions aboutissant à la récompense, et bien entendu, la transparence du mécanisme de distribution des récompenses.
  • Valence (est-ce important pour moi ?)

Si les trois points remportent l'adhésion, il y a motivation. Si la réponse à une seule de ces trois questions est NON, cela annule la motivation.
Par exemple, si l'augmentation de l'effort n'augmente pas la performance, il n'y aura pas motivation.
Si l'augmentation de la performance ne va pas augmenter la récompense, il n'y aura pas motivation.
Si il n'y a pas d'intérêt de la personne envers les récompenses, il n'y aura pas de motivation.

Selon la théorie, il est nécessaire que les trois points soient positifs pour qu'il y ait motivation.

En tant qu'animateur, on peut envisager assez facilement d'agir sur l'expectation ou l'instrumentalité.

De façon très pragmatique, je peux désormais identifier la (les) sources de manque de motivation des mes compatriotes face au wiki des Assises du Numérique. On peut faire l'hypothèse que certains n'aient pas la capacité à rédiger une proposition d'action (manque de recul, difficulté à la rédaction etc...). J'espère ne pas me tromper en affirmant que tous les participants jugeraient la rédaction de suggestion IMPORTANTE. Ce qui pose le plus problème est très probablement de l'ordre de l'instrumentalité. Le wikipédien a le sentiment que cela ne changera RIEN (d'où la référence aux cahiers de doléances). La solution idéale pour moi est de pouvoir trouver un champion (au moins) pour rédiger le conseil et, dans le cas où notre recommandation serait acceptée par le gouvernement, faire très ample battage autour de ce succès.

En terme d'expectation, il est possible de motiver l'individu en le convaincant de sa capacité à faire une certaine tâche (voire en l'aidant, en l'accompagnant, en le formant, en le coachant). L'individu peut obtenir du temps disponible si certaines de ses autres tâches sont prises en charge par autrui. Le participant devra avoir le sentiment d'un soutient de sa hiérarchie etc...

En terme d'instrumentalité, il est possible de motiver l'individu en montrant l'intérêt du wiki en terme d'organisation du travail, de partage de savoir etc... certains wikis professionnels n'hésitent pas à laisser la place à des activités ludiques (eg, création de base de données restaurant, ou publication des résultats du dernier match de tennis inter-entreprise). La clé du succès étant probablement la souplesse, la faible structuration, permettant à tout un chacun de s'approprier l'outil. L'animateur devra être attentif à rester relativement en retrait, favorisant les initiatives porteuses de résultats concrêts.

Par contre, il est vraiment difficile d'influer la valence.

Au final, Maslow peut être utilisé pour décrire les motivations des participants (il sera possible de batir le modèle sur les attentes et les motivations), et Vroom aide à identifier s'ils vont réaliser ou non une tâche spécifique et pourquoi.

''If a worker sees high productivity as a path leading to the attainment of one or more of his or her personal goals, he or she will tend to be a high producer. Conversely, if he or she sees low productivity as path to the achievement of his or her goals, he or she will tend to be a low producer. -- Vroom ''


Les utilisateurs de wikis ont adopté un certain jargon pour parler de la culture wiki, jargon s'inspirant des activités de jardinage. On parle par exemple de wikijardinier pour définir celui qui s'occupe de tâches légères de maintenance (eg, supprimer les pages sans intérêt, tagguer des pages selon des catégories, accueillir les nouveaux arrivants). Sur la plupart des wiki publiques, le rôle de wikijardinier est assuré par tous les participants au site. Mais sur un wiki professionnel et privé, il est préférable de structurer d'avantage ce rôle. Il semble que ce rôle de wikijardinier ou wiki animateur soit souvent confié à un jeune geek, fanatique de wiki. Ce qui n'est pas toujours très bien compris est que ce rôle d'animateur n'est pas tant le rôle d'un administrateur au sens technique du terme, mais devrait plutôt être confié à une personne ayant une formation en psychologie et/ou une expérience en management, afin de ne pas (seulement ou principalement) travailler sur le nettoyage des pages, mais surtout sur la motivation des participants et la dynamique du groupe. Le prix du succès.

J'ai un peu fouillé sur le web pour trouver des références à ce "rôle".

Quelques vagues allusions sur c2.com, craowiki, ou wikipatterns.com pas très convaincantes.

Un lien supplémentaire sur la motivation.

mercredi, mars 26 2008

Davos et les images libres

Quand on pense Davos... on pense capitalisme effréné. Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant un paquet de photos prises par les photographes professionnels de Davos, en ligne sur Flickr, sous une licence libre...

Tellement surpris qu'un wikipédien a même écrit au WEF pour vérifier qu'il n'y avait pas erreur (publication rogue, erreur d'attribution de licence etc...). Et bien non, c'était prévu et délibéré.

Chapeau.

Lire aussi

jeudi, mars 20 2008

Rendons à César

J'ai assez critiqué Le Monde par le passé pour devoir reconnaître la qualité du dernier article de Mr Le Gendre sur Wikipedia. Sans être exempt d'erreurs (mineures) ou pêcher par des approximations ou raccourcis un peu rapide, c'est un bon article, bien équilibré et plutôt flatteur. Bravo !

Lire la suite...

lundi, février 18 2008

Wikipédia, Ange ou Démon

Petit à petit, un autre paysage se dessine. En 2004, les premiers articles de presse concernant Wikipédia ont touché le monde de l'informatique. Puis, on a vu fleurir les réactions des documentalistes et des enseignants (courant 2006). En 2007, ce fut au tour de la presse et des encyclopédies traditionnelles que de s'intéresser à Wikipédia. Depuis 6 mois, c'est le monde de l'entreprise qui s'intéresse à ce que nous avons à dire, ou à leur apprendre, bien que d'une manière générale, le doute subsiste.

Ces derniers temps, les demandes d'intervention auprès du monde de l'entreprise se sont multipliées. Certaines sont bien sûr privées et je ne les mentionnerais pas :-)

Parmi les évènements de janvier, la participation à un petit déjeuner à l'Unesco, organisé par Jane Mc Connell, consultante indépendante, spécialisée dans les intranets. Je viens de trouver un blog qui fait référence à cette présentation, site à visiter !

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