jeudi, mai 27 2010

Publication d'un ouvrage sur le logiciel MediaWiki

Mes clients me demandent souvent de leur indiquer livres, blogs, sites web pouvant leur apporter une meilleure connaissance des logiciels wikis et des principes de fonctionnement des communautés wikis. Voici un livre tout juste sorti des presses, en anglais.

MediaWiki 1.1: Beginner's Guide Summary:

  • Ecrit par Jeff Orloff
  • Number Of Pages: 356
  • Publication Date: 2010-04-10
  • ISBN-10 / ASIN: 1847196047
  • ISBN-13 / EAN: 9781847196040

Le logo de MediawikiPour rappel, Mediawiki est un moteur de wiki open source. Il est développé par une communauté très active, et est utilisé par de très nombreux sites wikis très populaires, parmi lesquels Wikipedia. Ecrit en PHP, il présente de nombreuses fonctionnalités qui permettent son utilisation dans de multiples circonstances: wikis publics, wikis privés. Il est particulièrement bien adapté pour les usages "construction et gestion de grosses bases de connaissances".

Le livre s'adresse surtout aux futurs administrateurs du site wiki (web designer, administrateur système, programmeur, éventuellement community manager).

Voir http://ebook30.com/internet/internet/211164/mediawiki-1.1-beginner039s-guide.html

PS: pour ceux qui remarqueraient la ressemblance entre mon logo et le logo de Mediawiki... oui, ce n'est pas fortuit. Je suis co-auteur de ce logo avec Erik Moeller (j'ai fourni la fleur) et nous avons tous deux choisi de mettre ce logo dans le domaine public (étonnant pour un logo, hein?)

dimanche, mai 9 2010

Pénétrer dans l'esprit d'un investisseur financier

La conférence LIFT à laquelle j'ai participé cette semaine proposait une session de workshop chaque matin. Ainsi que je le signalais dans un précédent billet (la redécouverte du Vjing), j'ai rejoint trois workshops sur des thématiques très différentes, parmi lesquels le workshop "Hacking Venture Capital", animé par Fred Destin (Atlas Venture).

Destiné à un public d'entrepreneurs, la session avait pour objectif de fournir une expérience pratique du pitch et de la négotiation entre VC et entrepreneurs (pitch: la présentation du projet de l'entrepreuneur au VC; Négo: montant à investir et la prise de part dans l'entreprise, le nombre de sièges au conseil d'administration, la répartition des options, les préférences en cas de liquidation, ou le "reverse vesting").
La session s'articulait autour du cas pratique (plus ou moins virtuel) d'une entreprise de vente de logiciel en SAAS. Organisé par équipe de 4, chaque groupe devait analyser la fiche de description de l'entreprise, préparer un pitch de 5 mn puis donner le pitch devant toutes les membres du workshop (une cinquantaine de personnes). Le pitch donné en public était disséqué par Fred Destin, les autres VC présents dans la salle, voire les entrepreneurs avertis. Le pitch était suivi d'une série de conseils, trucs et astuces par Fred.
Dans un deuxième temps, toujours sur le même exemple d'entreprise, chaque groupe de 4 fut scindé en deux: 2 entrepreneurs et 2 investisseurs. Les entrepreneurs comme les investisseurs ont reçu une feuille de route avec leurs objectifs de négotiation. Après 15 mn de discussion, seuls 2 groupes sont parvenus à atteindre un accord partiel entre investisseurs et entrepreneurs, accord présenté à l'ensemble des participants du workshop. A nouveau, Fred a partagé avec la salle un ensemble de trucs et astuces relative à la négo.

En toute honnêté, j'ai adoré ce workshop. Bien mené, efficace, sympathique ! Un vrai plaisir. Il faut cependant avouer que mon ignorance était grande sur le sujet. On parle beaucoup des ventures capitalists (investisseurs en capital risque), pas toujours en bien il faut le reconnaître, surtout en France. D'ailleurs, le simple fait de traduire "venture capital" (terme à connotation positive, venture se rapporte à aventure), par "capital risque" en français est un bon indicateur de notre comportement souvent bien frileux vis à vis de la création d'entreprise.

Hacking Venture Capital, c'est regarder dans l'esprit d'un investisseur, comprendre comment il fonctionne, pourquoi il investit tel montant dans notre entreprise, comment il évalue sa valeur, quels moyens il met en place pour garantir que cet investissement porte ses fruits. Qu'en dit Fred ?

Avant de présenter le pitch, il faut répéter son discours de nombreuses fois (voire s'inscrire à des cours de théatre). Le préparer pour une version de 5 mn et une version de 30 mn. Lorsqu'un rendez-vous d'une heure est prévu, compter 30 à 35 mn de conversation, grand max. Le reste est utilisé à se dire socialiser, attendre le partenaire en retard, brancher l'ordinateur, subir une interruption d'un appel téléphonique etc. Préparer 40 slides est évidemment trop. 10 max. Ce qui compte est de raconter une histoire. Les VC investissent dans des histoires et non dans des businesses. Fred souligne qu'il sait généralement en 5 mn s'il apprécie l'entrepreneur, puis sait en 15 mn s'il est tombé amoureux du projet et passe le reste de l'heure à réfléchir pragmatiquement à ce qui colle et ce qui ne colle pas.

En plus du pitch de 5 mn, il faut prévoir une phrase, quelques mots, qui résument le projet et vont rester à l'esprit de l'investisseur. Une sorte de tag line. Car le pitch souffre d'une maladie, le pitch decay. Lorsqu'un investisseur rencontre des dizaines d'entrepreneurs dans le mois, il a vite fait d'oublier notre cas spécifique. Une "tag line" doit lui revenir à l'esprit. Par exemple "Flickr for video" ou "Venture hacks" ou "We network networks". Inscrire ces lignes derrière la carte de visite, sur son site web etc. Relire la tagline ramènera à l'esprit du VC votre histoire. Fred appelle cette tagline le "high pitch concept"

En fait, selon Fred, l'histoire et le high pitch concept sont véritablement la clé du succès. Il conseille de jeter à la poubelle business plan (personne ne le lit), executive summeries (personne ne le lit) et en particulier les NDA (accords de confidentialité) que de toutes façons personne ne respecte et peu signent. Son conseil: si votre banquier vous demande votre business plan, changez de banquier ! (oO)

Dans le pitch, Fred conseille de se concentrer sur le moteur économique du modèle et sur la réputation et l'expérience de l'équipe (il est possible d'évoquer des doutes sur la capacité d'émerger par exemple, mais il ne faut jamais exprimer de doutes sur son équipe). Il faut construire ce que Fred appelle the "social proof" (par exemple le fait d'avoir créé un advisory board et de l'avoir peuplé avec des personnalités reconnues pour leur expertise ou pour leur capacité à créer des business qui marchent, mais aussi pour leur implication. Un joli nom ne suffit pas, le nom doit s'investir dans le projet d'entreprise). Il est aussi nécessaire de se concentrer sur la "traction" (who is buying your stuff): un petit marché avec peu de chance d'évolution sera de peu d'intérêt. L'investisseur veut voir un marché potentiel le plus large possible.

En résumé, pour se lancer, il faut

  • un pitch de 20 mn
  • un high concept pitch (3-7 mots)
  • max 10 slides de présentation
  • aller au delà du "non"

Le "non": Selon les mots de Fred: "Be an Israeli entrepreneur. If the door closes, go in through the window!" Un investisseur vous oubliera. Il ne faut pas hésiter à le recontacter, à insister, à redemander. A être pénible....

Le pitch doit inclure une bonne conclusion, qui doit faire appel à l'audience (par exemple conclure sur le fait que l'on a besoin de leur aide financière et que xx euros est nécessaire pour passer à la phase de développement suivante). En revanche, il ne faut surtout pas dire combien l'on est prêt à abandonner en terme de part de propriété.

Enfin, dans la première phase, Fred rappelle qu'il faut éviter de gacher les 20 mn de pitch par des généralités, de la macro, des comparaisons à n'en plus finir avec ses conccurents ou d'entrer dans les détails au sujet des partenaires potentiels. Citer un revendeur potentiel intéressé est cependant une bonne idée. L'objectif est de séduire, de faire monter en flèche le rhythme cardiaque du VC. Les détails ne viendront qu'après.

Ce n'est que plus tard que d'autres éléments seront nécessaires. Par exemple, Fred conseille de définir 4 ou 5 indicateurs clés de succès (KPI) afin de suivre la progression de l'entreprise. Fred demande également par exemple un plan de dépenses opérationnelles à venir, les chiffres de vente des années précédentes, une road map et des milestones avec délivrables.


Bon finalement, il suppose que nous avons réussi la première étape (séduire le VC), nous avons fourni les documents nécessaires à la suite de la discussion. Et nous arrivons à l'étape de la négotiation. Pour être franche, même si j'ai saisi certains points, j'en ai essentiellement retenu que la première chose à faire était de s'informer afin de ne pas arriver complètement noob devant l'investisseur au risque de se décrédibiliser et de conclure un bien mauvais deal. Donc, s'informer, éventuellement parler avec un avocat, et surtout rendre visite à plusieurs investisseurs (y compris des investisseurs avec lesquels nous n'avons pas envie de faire un deal, c'est toujours un gain d'expérience).

Des points retenus:

C'est l'investisseur qui définit la valeur du business (selon ses propres critères). C'est son job. Le job de l'entrepreneur est d'aller voir plusieurs investisseurs pour entendre plusieurs sons de cloche. Le VC voudra entre 20 et 25% de propriété de l'entreprise et investira uniquement ce qui semble nécessaire à court terme (1-3 ans). Certains entrepreneurs proposent à certains VC d'investir moins mais de se contenter de 10% de la propriété de l'entreprise, alors qu'ils feront appel à d'autres investisseurs pour compléter leurs besoins (mettre plusieurs oeufs dans le même panier). Fred souligne que cette demande est arrogante et pas acceptable pour le VC. L'intérêt du VC est que l'entreprise ait assez d'argent pour réellement se développer en fonction des besoins opérationnels envisagés, et que le VC ait assez de pouvoir pour influer l'avenir de l'entreprise (la multiplication des investisseurs entrainera la dilution au niveau des mécanismes de prise de décision).

Pour le prix, ce qui compte est le prix par action. C'est à l'entrepreneur de décider du pool d'actions distribués aux employés. Pas au VC.
Fred suggère d'ailleurs des pourcentages d'attribution des actions :

  • CEO 5-10%
  • COO 2-5 %
  • VP 1-2 %
  • membre du conseil indépendant 1%
  • cadre avec expérience 0,33 à 0,66 %

Fred discute également de la composition du conseil d'administration. En général, il est totalement suffisant de n'avoir qu'un seul représentant de la société d'investissement au conseil d'administration. Il est toujours préférable de garder une équipe la plus petite possible pour garder de la souplesse et de la réactivité. Inutile d'avoir 2 ou 3 représentants des VC au conseil sous le prétexte de ne pas risquer une perte de contrôle. Il est préférable de garder un seul représentant et d'ajouter au contrat social des contrôles sur certains points (par exemple, sur l'entrée de nouveaux investisseurs, sur la vente de la société etc.) afin que les VC ne soient pas grugés. Fred conseille d'ailleurs de ne pas avoir peur du contrat social qui sera établi entre le VC et l'entrepreneur. Le contrat est là pour que les choses soient claires et bien définies entre les deux parties, éviter les risques et les malentendus. Ce contrat peut par exemple définir le montant qu'un créateur pourra récupérer de ses actions s'il quitte l'entreprise de façon prématurée (et volontaire). Il ne serait pas correct (fair) qu'un VC investisse 2 millions d'euros dans une société, pour voir le fondateur quitter l'entreprise le mois suivant, empocher le prix de vente de ses parts et laisser aux employés une coquille vide.

Enfin, Fred souligne qu'il faut cultiver son investisseur: il faut faciliter la vie de son investisseur. Ne pas le considérer comme un ennemi, mais comme un partenaire. Comme on s'engage avec lui pour plusieurs années, il faut se sentir à l'aise avec lui. Fred parle du 8 hours drive test (imaginez vous coincé avec votre VC pendant 8 heures dans une voiture). (note perso: je l'imagine très bien).

Les slides de Fred ainsi que le user case sont disponibles sur son site: http://www.freddestin.com

J'ai récupéré au passage un lien intéressant auprès de mes partenaires de workshop: Construire un business model

mardi, mai 4 2010

LIFT 2010 et redécouverte du Vjing

Demain, à l'heure où blanchit la campagne (non, en fait beaucoup plus tôt que cela), je vais quitter une Auvergne glaciale et trempée pour aller voir si le temps est meilleur du côté de Genève. Prudente, je vais emmener mon manteau d'hiver, des chaussettes de laine et une couverture de survie (on ne sait jamais, les monts du Forez pourraient être couverts de neige la nuit prochaine....). Bref, je vais assister pour la troisième fois à LIFT.

Cette année, LIFT a choisi de s'organiser avec workshop le matin et conférences/débats/tables rondes l'après-midi. Succès et taille des salles obligent, les workshops sont soumis à inscription. J'ai choisi de pratiquer la technique qui m'a été enseignée à Davos, ne pas oublier d'assister à des interventions hors des sujets auxquels l'on est habitué (voir choisir un thème pour lequel on est parfaitement néophyte) afin de quitter sa zone de confort et ouvrir son esprit à d'autres expériences. Dont acte...

J'ai donc choisi les trois workshops suivants:

  • VJing – from software to public space
  • iDemocracy! Do you? Open Voting and Tribe oriented Public Debate
  • Hacking Venture Capital

200px-HelsinkiVG4.jpgLe premier workshop (au sujet du VJing, le VJ ou Video Jockey, est une personne qui est à l'origine d'une animation visuelle projetée sans plus d'indications sur les techniques utilisées ou les choix graphiques effectués) évoque un thème dans lequel j'ai peu d'expérience, mais dans un contexte très connu :) (yeah ! Wikipedia !).

En fait, ma seule expérience relative au VJing remonte à ma participation à PixelAche en 2005 (Helsinki), festival de créations électroniques dont j'ai gardé de très nombreux souvenirs (ébahis) et ramené quelques (moches) images illustrant l'article actuel.

Ce qui est particulièrement intéressant est que le workshop fait en réalité parti d'un ensemble d'activités visant à produire un BON article sur le VJing dans Wikipedia. Il faut reconnaitre qu'il y a du travail. J'espère qu'ils ne vont pas juger les modestes photos prises en 2005 à PixelAche trop trop ridicules :) (si, probablement)

Le site web de l'initiative WikiSprint

dimanche, mai 2 2010

Réhabiliter les "délinquants" numériques

Je suis peut être un peu provocatrice avec ce titre mais j'observe qu'on a vite fait de traiter de "délinquant" ou de "vandale" un internaute un peu "noob" (un nouvel arrivant sur la toile), pas encore au fait des pratiques acceptables et des pratiques inacceptables.

Please bite the newbie

J'ai été assez surprise il y a quelques semaines, de recevoir un courriel de la part d'un de mes cousins, B.
(je n'indique que l'initiale non pas pour conserver son anonymat, mais pour éviter la mémoire de Google).

B. approche de la cinquantaine. Il a un long passé dans la haute finance. Une formation initiale à l'ESCP Europe. Des années d'expérience chez diverses grandes institutions de la finance. A la fin des années 90, il a aussi tenté l'aventure de la création d'entreprise (sans succès malheureusement). Il travaille aujourd'hui comme consultant pour une grande banque et est spécialisé dans les fameuses "subprimes". En bref.... un sénior, un spécialiste dans un secteur de niche, détentaire de savoirs qui ne courent pas les rues.

Pour tout wikipédien digne de ce nom, c'est un éditeur potentiel à chouchouter....

Tout début 2010, B. décide de faire ses débuts sur Wikipedia. C'est un utilisateur convaincu et il perçoit que ses connaissances propres peuvent apporter un plus à l'encyclopédie écrite par les internautes. Il faut dire que la section "finances" est tout de même assez mal lotie.

Bref, B. choisit un sujet qu'il connait bien, et crée un article sur une des sociétés dans lesquelles il a travaillé dans le passé, la société E. La société E. est un éditeur spécialisé dans les progiciels pour salles de marché; elle fusionne avec une autre société il y a quelques années, et les logiciels qu'elle maintenait et développait sont repris dans le cadre d'une nouvelle société née de la fusion. Au moment de sa fermeture, la société E. emploi tout de même 400 personnes.

B. se lance donc dans l'aventure wikipédienne. Il créé la page sur la société E. de façon anonyme (sous adresse IP) dans un premier temps. De son propre aveu, la première version de l'article est assez médiocre (pas de problème de neutralité majeur, mais une mise à page minimaliste, une approche assez historique - logique puisque la société a disparu, et bien sûr pas de sources). En toute honnêteté, pour avoir vu la création de très nombreux nouveaux articles, l'article a ses débuts est tout de même de bien meilleure qualité que la moyenne.

13 minutes après la création de l'article sur la société E., ce dernier est blanchi (motif: contenu promotionnel; assez amusant lorsque l'on songe que la société a disparu en 2002)

Wiki VampiresB. crée alors un compte utilisateur et restaure l'article, avec le sentiment d'avoir fait une erreur de manip en perdant le contenu de l'article. A partir de là, tout s'enchaine. L'éditeur ayant blanchi l'article appose alors un bandeau "page à supprimer" (2 minutes après la restauration) que B. retire en ne comprenant pas d'où il vient, et ce à plusieurs reprises. B. reçoit alors un message sur sa page utilisateur, lui apprenant qu'il est un "vandale averti". Aujourd'hui encore, la page de discussion de B. ne contient essentiellement que le texte "standard"(automatisé) d'accueil des nouveaux, plus les diverses mentions relatives à son "vandalisme".

En visitant la page de proposition à la suppression, B. découvre que l'argument principal avancé est qu'il s'agit d'un article promotionnel, mais aussi que la société (de 400 personnes) n'a aucune notoriété sur Internet.

Une heure après la création de son premier article, B. appose un message sur sa page de discussion (déjà ornée de messages peu chaleureux),

''Aidez-moi
Je ne comprends pas pourquoi remplacer une version d'un texte que j'ai créé moi-même par une version légèrement retouchée me vaut d'être qualifié de vandale. Je n'ai toujours pas compris ce qu'on attendait de moi pour valider cet article.''

__Son appel à l'aide ne recevra aucune réponse... __ A ce stade, l'utilisateur lambda laisserait probablement tomber. Heureusement, B. n'est pas un utilisateur lambda, c'est mon cousin :)
soir là, il m'envoie un email, très sobre:

''Salut Florence et bonne année !

J'ai voulu créer un article mais je ne comprends rien aux messages que je provoque. Je ne sais même pas si j'ai provoqué fortuitement une demande de suppression ou si elle a été demandée par quelqu'un d'autre. Peux-tu m'aider?

Je t'embrasse, B.''

J'ai donc pris un peu de temps pour regarder ce qui s'était passé, lui expliquer sur sa page de discussion, et le conseiller sur la suite des évènements par email.

Deux jours après, B. créé un deuxième article, qui est à nouveau listé sur les pages à supprimer, pour motif "tentative de contournement de la demande de suppression du premier article écrit par cet utilisateur". Dans la plus pure tradition wikipédienne, cela relève de "Assume good faith". Ou plutôt le contraire ?

Finalement, les deux articles ont été conservés.

Mon objectif n'est en aucune façon de porter un jugement sur l'admissibilité ou non de cet article - j'ai la modestie de penser que je n'y connais vraiment rien du tout en logiciels de gestion financière. Je regrette un peu que des personnes ignardes sur ce sujet s'estiment être capables de juger ou non de la notoriété d'un produit ou d'un service spécialisé, mais j'admet le fait que notre modèle éditorial permet difficilement d'éviter ce travers.

En revanche, je suis assez déçue de la façon dont un nouvel arrivant est accueilli, alors que ce nouvel arrivant

  • n'est visiblement pas un chargé de com ayant reçu comme mission de faire la pub de sa société
  • est poli
  • s'exprime en des termes appropriés
  • montre visiblement une expertise sur un sujet assez mal traité sur l'encyclopédie

Conserver mais travailler la NPoV

Honnêtement, je me serais attendue à ce que mon cousin arrête là son expérience de participant à Wikipedia.

Et bien non !

Le week-end dernier, B. est passé déjeuner à la maison. Bien sûr, nous avons évoqué son expérience malheureuse de "vandale averti" (il n'est visiblement pas près d'oublier ce label, même s'il en parle avec un grand sourire paisible). Et à ma grande stupéfaction, B. s'est accroché. En dépit du caractère extrèmement inamical de ses premiers contacts sur le projet, il est devenu un wikipédien ! Il a évoqué avec un peu d'auto-dérision le fait que son premier article était vraiment loin d'être parfait, mais qu'il avait désormais beaucoup appris et travaillait à améliorer le contenu. Très fièrement, il m'a même annoncé qu'il faisait partie du "projet finances".

J'avoue en être restée sidérée. Je suis allée jeter un coup d'oeil sur ses contributions.... Voici la modification qui m'a convaincue :)

# {{Conserver}} mais travailler la NPoV.

Recruter des nouveaux, conserver les anciens, analyser les départs

Au delà de cette expérience vécue, il faut savoir que le taux de nouveaux arrivants sur Wikipedia stagne voire décroit (selon les langues) depuis 2008. Cela a été mentionné à moult reprises, voir par exemple ce blog sur Infodisiac à ce sujet. Plusieurs hypothèses ont été avancées, parmi lesquelles les quatre me semblant les plus solides sont:

  • pour les langues les plus développées, comme la wikipédia en anglais, en allemand ou en français, la difficulté à participer en raison de la quantité et de la qualité de l'information déjà disponible sur Wikipedia;
  • le développement majeur des réseaux sociaux type Facebook depuis début 2008 (j'ai pu observer que les anciens wikipédiens eux-même passent un temps non négligeables sur ces réseaux sociaux, temps qui pourrait être consacré à écrire ou améliorer un article;
  • la difficulté technique à éditer le projet (le logiciel n'étant pas des plus user-friendly)
  • les relations sociales parfois dégradées entre éditeurs (et en particulier un accueil des nouveaux assez peu chaleureux, comme mon cousin a pu en faire les frais)

La Wikimedia Foundation et les associations locales comme Wikimedia France travaillent activement sur le sujet de la stagnation voire la diminution des nouveaux arrivants. Dans cette optique, un sondage a été réalisé auprès de 1200 personnes ayant participé à Wikipedia, puis abandonné, afin d'identifier les raisons de l'abandon.

Les résultats peuvent être trouvés ici

Le fichier attaché à ce blog donne des résultats un peu plus détaillés que ceux sur les pages listées ci-dessus.

lundi, avril 26 2010

Un wiki public hébergé par la ville de Clermont Ferrand

C'est par Emilie Ogez (xwiki), elle-même en relai de lamontagne.fr que j'ai découvert ce matin l'ouverture d'un "wiki" de consultation pour le futur aménagement de la place du Mazet.

Dixit lamontagne.fr:

Les administrés de Clermont-Ferrand proposent depuis peu aux internautes (en particulier les internautes Clermontois, puisqu'ils sont les premiers concernés) de proposer des projets d'aménagement pour la place du Mazet.

Un projet qui a pour but de donner la parole aux Clermontois et de les impliquer davantage.

L'article de lamontagne.fr : http://twurl.nl/38jbmu

Le wiki concernant la place du Mazet : http://www.clermont-ferrand.fr/mazet/index.php/Accueil


Wiki ville de Clermont Fd Mazet

Je viens de le visiter rapidemment et je suis ravie. Tout d'abord, le wiki tourne sous MediaWikile logiciel utilisé par Wikipedia), dont l'interface a été très agréablement relookée aux couleurs de la ville et surtout simplifiée pour l'utilisateur. Tout au plus pourrait-on se plaindre de ce que la barre d'édition soit un peu minimaliste (impossible de faire des listes ou des titres). Les utilisateurs avancés de mediawiki ne seront pas troublés, mais les nouveaux utilisateurs risquent d'être un peu étonnés de ses limitations.

La page d'accueil est certes protégée (ce qui est tout à fait raisonnable), en revanche, le reste du wiki est ouvert à partir du moment où un compte a été créé (seules entrées obligatoires, "nom d'utilisateur" et "mot de passe"). Le log des modifications récentes n'a pas été discrètement caché (comme cela se produit parfois malheureusement). Donc bien.

Du côté noir de la force, une petite boulette fonctionnelle: l'utilisateur lambda n'a pas le droit de créer de nouvelles pages.... Dans l'espace rédactionnel "principal", ce n'est pas forcément dramatique. En revanche, ne pas pouvoir "ajouter de commentaires" car l'on est pas autorisé à créer une page de discussion, c'est un peu couillon quand même.... Mais bon, ce n'est qu'erreur de jeunesse. Souhaitons bonne vie à ce joli nouveau wiki !

samedi, avril 24 2010

mon blog

Après des mois d'absence, dus entre autres à une migration difficile entre deux hébergeurs, j'ai enfin réinstallé dotclear ! Yapuka réussir à réimporter mes anciens billets (ou décider une bonne fois pour toutes d'abandonner et de tourner la page), refaire un blog roll, recréer une apparence.... yeah !

vendredi, juin 19 2009

Wikipédia et référencement

Je vais fournir le 10 juillet une formation "Wikipédia et référencement" à Paris (à priori destinée aux entreprises). Je détaille cette offre sur mon site http://www.devouard.com.

Evidemment, cette formation n'a pas manqué de soulever l'indignation d'une personne, laquelle s'est imaginée qu'il s'agissait de pratiquement vendre un emplacement publicitaire aux sociétés dans Wikipedia. Je l'ai rassuré en lui indiquant que mon objectif - qui a été clairement délimité avec l'organisme de formation - ne sera pas d'aider les entreprises à mieux faire passer leur com dans Wikipedia, mais de leur expliquer les rouages, les règles, le fonctionnement communautaire du projet. Ce qui inclu "quelle démarche en cas de désaccord d'ordre juridique" ou "comment réutiliser le contenu tout en respectant la licence libre".

L'association ayant reçu un mail de complainte, David Monniaux a fourni une excellente réponse (publication autorisée) qui me semble intéressante de reprendre ci dessous:


Il y a sur Wikipédia de nombreux articles portant sur des entreprises. Si pour certaines, l'intérêt d'avoir un article dans Wikipédia et surtout la possibilité d'avoir suffisamment de sources pour écrire un article convenable peuvent être douteux, pour d'autres (par exemple Michelin ou Sony), il n'est pas contestable qu'elles puissent faire l'objet d'un article.

Ces entreprises sont dotées de services dont le travail est de tenter de maîtriser l'image que l'entreprise donne. Ces services s'intéressent donc forcément à Wikipédia et aux articles dans lesquels l'entreprise est mentionnée.

Le problème est que, trop souvent, ces services ne comprennent pas le fonctionnement de Wikipédia et se livrent à des actions inadmissibles pour Wikipédia:

  • Effacement d'informations négatives envers l'entreprise, alors que des sources sérieuses les étayent.
  • Copie sur Wikipédia de textes typés "relations publiques" (élogieux, voire hagiographiques, et souvent très creux).

Ces modifications sont fréquemment annulées par d'autres contributeurs de Wikipédia. Les services de communication sont alors surpris et peuvent réagir de façon inappropriée :

  • Guerre d'édition.
  • Plainte à la Wikimedia Foundation demandant de leur accorder le contrôle exclusif de la page (jamais accordé).
  • Voire, parfois, menaces juridiques sur des prétextes fantaisistes.

Tout ceci nuit grandement tant à Wikipédia qu'à l'entreprise concernée.

En revanche, on ne peut pas non plus nier que les services de communication peuvent apporter à Wikipédia. Par exemple, ils peuvent mettre en ligne des informations pertinentes et nouvelles dès que l'entreprise les annonce (exemple: une entreprise change de PDG, il est normal que le service de communication puisse l'annoncer sur Wikipédia).

De même, il ne faut pas condamner a priori tout retrait de contenu négatif. Il arrive que des articles sur des entreprises contiennent des informations biaisés, voire diffamatoires. On ne peut pas reprocher aux intéressés de les retirer.

Bref, je pense que la formation de Florence vise à "recadrer" ces services de communication en leur expliquant comment Wikipédia "marche", ce qu'on peut y faire et ce qu'on ne peut pas y faire. C'est sans doute mieux que cela soit fait à l'avance dans un cadre confortable plutôt que dans les cris et les larmes.

jeudi, juin 11 2009

Hadopi et StreamGraph: représenter les flux d'information issus de Twitter

En lisant Twitter ce matin, je suis tombée sur un twit de crid signalant un blog post listant une série d'outils de visualisation sur vizworld.com. Le sujet m'intéressant, j'ai foncé.

J'en ai testé un seul pour l'instant, StreamGraph. J'ai fait quelques tests. Voir le test ci dessous fait avec le terme "Hadopi". Le graph est un peu petit, il court de mercredi 17h environ (la décision de censure de la proposition Hadopi par le Conseil Constitutionnel était déjà annoncé). On voit très bien les heures de creux de la nuit... pour un redémarrage plein d'énergie au petit matin...

mercredi, juin 10 2009

Développement et diffusion de contenu pédagogique francophone tourné vers l'agriculture

J'essaye de monter un projet pour améliorer l’accessibilité et la visibilité des ressources numériques francophones pour les secteurs agronomie/agriculture. J'ai développé une courte présentation (voir si dessous) d'un projet pour lequel je recherche un financement et éventuellement des partenaires.

Lire la suite...

samedi, avril 18 2009

OpenStreetMap: la cartographie libre

Je viens de trouver un post sur un blog stimulant la réflexion.

OpenStreetMap, pour ceux qui ne connaissent pas, est un projet de réalisation de cartographie à l'échelle mondiale... par des bénévoles. Même concept que Wikipedia. Voir un des rares articles dans la presse française sur OpenStreetMap.

Deux intérêts majeurs:

Le premier, les cartes sont libres de droits, donc peuvent être modifiées et réutilisées par tout internaute, y compris sur d'autres projets. D'ailleurs, Wikipedia intégrera ses cartes dans le futur: décidé par les équipes de développeurs début avril 2009, cette nouvelle a retenu l'attention de la presse allemande (mais non de la française... ni de l'anglaise, pourtant OpenStreetMap est un projet à l'origine britannique. Bizarre. Voir par exemple, sur le site de Heise Online.

Le second est bien décrit sur perspectives-numériques.net. Le post met en évidence des écarts qui ne semblent pas pouvoir être justifiés par un bug, pour le Caire, entre la carte de GoogleMap et celle d'OpenStreetMap. Je passe sur le "Google ment" (ça m'agace vraiment de lire qu'on accuse une société de mentir), l'interprétation est tout à fait plausible: Google serait soumis à pression par le gouvernement égyptien, pour mettre en place un petit "décalage" (crainte du terrorisme), alors qu'il n'est pas possible de soumettre les bénévoles établissant les cartes d'OpenStreetMap. Hypothèse non vérifiée, mais intéressante et plausible.

jeudi, avril 16 2009

Définir l'holoptisme

Je viens de tomber sur un billet de xtof incluant une vidéo de Jean-François Noubel (l'auteur de ce petit bijou qu'est Intelligence collective, la révolution invisible, un de mes tops 5 articles préférés pour les dernières années).

Vidéo à voir absolument (moins de 6 mn).

L'holoptisme est une des propriétés qui apparaît dans un petit groupe (5-25 personnes): c'est la possibilité pour tout membre du groupe à pouvoir appréhender la totalité du groupe et de son activité.

Le panoptisme est une propriété qui apparaît dans les grands groupes: c'est typiquement la structure de la montagne, tout le monde n'a qu'une vision partielle de l'ensemble. Celui au sommet voit tout, mais n'a pas accès aux détails. Celui en bas voit le détail du bas, mais ne voit pas le sommet.

Typiquement, un projet tel que Wikipedia, malgré sa taille et un nombre de membres élevé, permet de retrouver cette propriété particulière qu'est l'holoptisme, grâce aux outils particuliers que sont "les modifications récentes", les "contributions d'un utilisateur", les "pages de discussion", "l'historique des articles" etc...

La plupart des contributeurs ne cherchent pas à savoir tout ce qui se passe (dieu merci pour eux), mais chacun a la possibilité (s'il le souhaite) de voir à la fois le projet dans son intégralité, ou de partir fouiller dans les détails. C'est grâce à une telle propriété que les participants peuvent d'eux même, voir ce qui se passe, voir qui s'occupe de quoi, voir ce qui n'est pas pris en charge, et finalement décider du projet dans lequel ils vont s'investir. L'holoptisme permet dans une large mesure de s'affranchir de la coordination et est un des facteurs clés nécessaire à l'émergence d'une intelligence collective.

La vidéo hébergée sur devouard.com.

mercredi, mars 18 2009

Defence of Human Rights

Two weeks ago, I was a participant at a panel (Communicating Human Rights through Technology) at the HURIDOCS Conference in Geneva. To be fair, I had a glimpse in a completely new area I know little about, Human Rights. It was incidently the opportunity to discover that an article of the Universal Declaration of Human Rights (full text on WikiSource) includes a rather unknown article. Ask anyone in the street, they will tell you about "the right to life", "No one shall be subjected to torture", "Everyone has the right to a nationality", or "Everyone charged with a penal offence has the right to be presumed innocent until proved guilty". And of course the famous "Everyone has the right to freedom of opinion and expression".

But did you know that

  • Article 27 states: (1) Everyone has the right freely to participate in the cultural life of the community, to enjoy the arts and to share in scientific advancement and its benefits.
  • And 29: (1) Everyone has duties to the community in which alone the free and full development of his personality is possible.

I did not know myself. Thinking of Wikipedia, I thought we were linked to Human Rights mostly due to these "right to education" and "freedom of speech" things. But we actually go far beyond. I also appreciate that the Declaration is not only about Rights, but also about Duties.

Anyway, I consequently discovered Huridocs, an organization developing and providing technological tools to help organizations promoting Human Rights. And I wanted to point out to three "tools".

First tool, Using video in advocacy. Sitting on the panel was Sam Gregory, program director of WITNESS. Witness uses online technologies and videos for advocacy. Pretty impressing presentation and free resource available on the witness website (the book is "Video for Change: A Guide for Advocacy and Activism", it may be purchased or is available for download online in several languages). It reminds me of 2007 when Jimmy made a video calling for donations. It was a pretty decent video overall (but for the twisting hands and the weird scary eyes at the beginning of the video), but compared to some of the (very disturbing) videos I saw at Huridocs, there is no doubt a more professional approach when making videos could do wonders.

Second tool I discovered is Hushahidi, a plateform that crowdsource crisis information. The speaker was Patrick Meier, but the topic was also presented a few hours later at LIFT (which was just taking place one level below HURIDOCS). I would not be surprised that this becomes a hot topic in the next few months all over Europe. Ushahidi is a free and open source project with developers hailing from Kenya, Ghana, South Africa, Malawi, Netherlands and the USA working on it. The platform allows anyone to submit crisis information through text messaging using a mobile phone, email or web form.
The information is then displayed on a map, along with category information. There is an overview of plotted incident over time, plus official reporting. Have a look here. There is still much to improve, but that's clearly a very interesting tool to follow.

The last tool which raised my thoughts is Hurisearch. It is a multi-lingual (77 languages) web search engine developed by HURIDOCS to provide faster and more precise access to human rights information. HuriSearch provides access to over 4,500 human rights websites, with a total of over 3,6 million pages. Okay, great concept.
But then I asked an Huridocs person to show me the tool. Gives very good results, and mostly, no ambiant noise as one may find on Google. However, when I asked him who was updating the "search volume" (eg, adding a new website, removing a new website), the answer was "me". In short, that's a one person (or one small group of person) updating the search volume. I would not be surprised (though I did not check to be fair) that the volume mostly include rather mainstream websites, non controversial and probably not in too many languages websites (for practical reasons). Would not it be great if the search volume was in the hand of the community using the website (rather than in the hands of the organization providing the tool) ?

Right now, the main "users" of the search tool appear to be the members of Huridocs. It could be conceivable to change the system so that members of Huridocs can propose new websites or drive removal of websites, or of individual pages for that matter (such as a blog page, or a press release). Users could also vote (approve or disapprove) websites, with an impact on the search (websites appear higher or lower in the search result) or no impact (visual stars simply show readers' appreciation of the content).

When I mentionned the idea to Huridocs, the answer was not quite clear. But the more I think about it, the more it seems to me that such a tool could interest private groups (such as associations, communities of practice, clubs). Just provide a search&community platform and let the community decide what the search volume should be.

lundi, mars 16 2009

Riom, l'Auvergne et la fibre optique

Cela devrait être un post sérieux, sur la problématique des Riomois, privés de la fibre optique...

Mais les choses dérapent tout le temps...

Blague envoyé par un auvergnat de ma connaissance...

Dans le cadre de fouilles dans le sous-sol Russe jusqu'à 100m de profondeur, les scientifiques russes ont trouvé des vestiges de fil de cuivre qui datait d'environ 1000 ans. Par provocation les Russes en ont conclu publiquement que leurs ancêtres disposaient déjà il y a 1000 ans d'un réseau de téléphone en fil de cuivre.

Les Américains, pour faire bonne mesure, ont également procédé à des fouilles dans leur sous-sol jusqu'à une profondeur de 200m. Ils y ont trouvé des restes de fibre de verre. Il s'est avéré qu'elles avaient environ 2000 ans. Ils en ont conclu que leurs ancêtres disposaient déjà il y a 2000 ans d'un réseau de fibre de verre numérique. Et cela, 1000 ans avant les Russes !

Une semaine plus tard, à AMBERT , dans le Puy de Dôme (63), on a publié le communiqué suivant : "Suite à des fouilles dans le sous-sol d'un village, jusqu'à une profondeur de 500m, les scientifiques Auvergnats n'ont rien trouvé du tout".. Ils en conclurent que les Anciens Auvergnats disposaient déjà il y a 5000 ans d'un réseau Wifi.

Ce n'est qu'un peu plus tard que Dieu inventa la vigne, la potée auvergnate, le fromage et la chasse aux sangliers afin d'éviter que les Auvergnats ne deviennent les maîtres du monde...

Fin 2008, toute l'Auvergne en haut débit

vendredi, mars 6 2009

Auvergne: seule région dont la DGF soit en baisse cette année

Hier soir, réunion de travail à la mairie de Malintrat. Parmi l'ordre du jour, protester (on ne parlera pas de pétition dans ce cas là) contre la dotation globale de fonctionnement 2009 de la région Auvergne. Et bien sûr, d'un seul homme, le conseil est d'accord pour protester. Pour ma part, je me suis penchée sur les chiffres.

L'Auvergne est la seule région de France à voir cette année sa DGF diminuer. TOUTES les autres régions de France augmentent, avec des chiffres variant entre 1,68 et 10,59%. J'ai noté quelques chiffres à la volée.

  • Auvergne: - 2,26 %
  • Ile de France: 1,68 %
  • Martinique: 4,54 %
  • Aquitaine: 6,76 %
  • Réunion: 7,44 %
  • Corse: 7,68 %
  • Guyane: 10,59 %

Il n'est aucunement question de critiquer l'augmentation massive des dotations pour les domtom. Par contre, on peut s'interroger sur le fait que cette année, toutes les régions voient leur budget augmenter; sauf l'Auvergne. Il y a quand même de quoi s'étonner. Voire de lancer une protestation officielle.

Il est intéressant de consulter cependant le document http://www.auvergne.org/public/upload/files/Panorama-Region-Auvergne-crise%20economique-financiere.pdf écrit par Jean-Marin Serre en février 2009. L'étude, très complète, souligne que "la région Auvergne apparaît globalement aussi touchée que la moyenne nationale, mais de façon inégale selon les départements et les caractéristiques des structures productives."

On peut retrouver la raison de cette baisse de la DGF sur le site du Senat.

A la question "Mme Michèle André attire l'attention de M. le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique sur la disparition de la dotation de péréquation que subit la région Auvergne pour la première fois depuis 1992 date de la mise en place de ce dispositif. "

Pour l'essentiel, la réponse est

"...sont bénéficiaires de la dotation de péréquation les régions dont le potentiel fiscal par habitant est inférieur d'au moins 15 % au potentiel fiscal moyen par habitant de l'ensemble des régions. Depuis plusieurs années, la région Auvergne oscille autour du seuil d'éligibilité à la péréquation régionale. En 2008, avec un potentiel fiscal de 92,04 EUR par habitant, la région Auvergne est passée au-delà du seuil d'éligibilité à la péréquation régionale de 91,12 EUR par habitant (correspondant à 85 % du potentiel fiscal moyen de l'ensemble des régions, égal à 107,20 EUR/hab. en 2008)"

En substance, la baisse de la DGF est du à l'augmentation de la richesse de la région (ce qui est plutôt une bonne nouvelle :-)).

En écoutant les ronchonnements des élus, j'ai quand même regardé la colonne "DGF/hab" présente sur le fichier excel en circulation. Résultat

  • Limousin : 159 euros/hb (valeur max)
  • Corse: 116
  • Picardie: 116
  • Auvergne: 107,36
  • Pratiquement toutes les régions: dans les 90
  • Guadeloupe: 37
  • Guyane: 24
  • Martinique: 53
  • Réunion: 35

Donc, on peut toujours ronchonner, mais la décision ne semble pas si choquante que cela sur le papier.

Maintenant, j'aimerais quand même bien savoir s'il existe un rapport entre cette diminution de la DGF et la proposition (apparemment) par le comité Balladur de fusionner la région Rhône-Alpes et la région Auvergne. Les réactions des présidents des régions concernées ne se sont pas faîtes attendre tout comme celle de Brice Hortefeux (NON franc et massif).

J'aime bien à ce sujet le rapport sur le sujet sur Cyberbougnat, qui souligne le fait que l'Auvergne est une des rares régions qui ait dans l'esprit des français une véritable identité culturelle. Inutile, pour faire connaître l'Auvergne de faire un "bienvenu chez les Chtis", ni un WikiPicardia (dont un des objectifs est clairement de créer une identité à une région peu identifiée).

Pour moi qui ait vécu 20 ans en région Rhône-Alpes (région de Grenoble) et maintenant 11 en Auvergne, la réponse intuitive est "fusionner ces deux régions ? Quelle idée saugrenue".

samedi, février 28 2009

Les femmes camerounaises, internet et l'amour

Je me suis vraiment faite plaisir hier lors de la conférence donnée par Baba Wamé sur l'appropriation de l'internet au Cameroun par les femmes camerounaises, au sein de la session "love in the 21st century" de LIFT09. La vidéo peut être trouvée ici: http://www.nouvo.ch/liftvideo

Avec un humour tout africain, de la simplicité, de l'humilité et un amour visible pour ses soeurs africaine, Baba nous a raconté le temps passé par les femmes sur les sites de rencontres, en quête de l'homme blanc qui saurait engendrer le métis tant attendu et amener l'argent si nécessaire à la survie de la famille (un joli terme, "mon western union", désigne l'ami à 6000 km, l’échange a commencé, l'homme est testé en demandant de l’argent pour l’école et ça arrive par Western Union). En particulier

  • L'aménagement de boxes dans les cybercafés (avec rideaux à l'arrière pour plus de discrétion lorsque le correspondant numérique veut voir plus que le sourire). La très grande majorité des camerounais n'accède à internet que depuis des cybercafés;
  • L'importance à garder de bonnes relations avec les moniteurs du cybercafé. Le moniteur est va parfois être celui qui reproduit par écrit sur le web les détails donnés en dialecte par la femme (qui ne sait pas écrire et connait mal le français);
  • Le caractère essentiel du mysticisme et du marabou local, qui indique la couleur du corsage que doit porter la femme pour mieux séduire, ainsi que les heures appropriées pour se connecter;
  • La source de l'argent nécessaire pour payer le cybercafé, encore très cher: le père, les enfants, les cousins ou l'oncle, tous intéressés dans l'affaire;
  • La cible d'âge: non pas 25-35 ans, mais au minimum 40 ans, 50 ans, c'est mieux, 60 ans, c'est parfait (l'homme jeune étant pauvre, ennuyeux et demandeur d'attention);
  • L'influence de Dieu dans toutes les décisions. Et de la fidélité;
  • Et l'importance également de la communauté des femmes, les monitrices, qui ensemble, collectent les données sur chaque homme, et avertissent leurs soeurs de ceux qu'il faut éviter;
  • Et l'usage de la poésie, dont il donne un exemple, très beau: Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. René Char;
  • Les femmes s'inscrivent parfois comme "célibataires" alors qu'elles sont mariées et ce... avec l'accord de leur mari ! Cela m'a rappelé un diner un soir à la maison, avec un des collègues chercheurs de mon mari, africain, mais pour quelques mois en France (femme et enfants restés au pays). Lors de ce diner, il nous déclare "je suis beaucoup plus proche des enfants de ma soeur que de mes propres enfants". Regards perplexes. Et il reprend "oui, les enfants de ma soeur, je suis sûr qu'ils sont de mon sang... les miens, non.". Le tout dans la bouche d'un quarantaire très respectable;
  • Et puis le plus triste. Un ROI (retour sur investissement :-)) de l'ordre de 10% (le mariage), mais aussi... dans 60% des cas, le trottoir. La femme mariée à Yaoundé, qui part pour la Suisse ou la France et qui dans la majorité des cas... se retrouve dans une filière de prostitution, et qui ne reviendra jamais car revenir sans argent... est exclu. Donc, la femme ne revient pas;
  • Une note positive toutefois. Même si certaines des femmes se retrouvent sur le trottoir, elles sont vivantes. Alors que beaucoup partent en barque... et se noient.

J'ai beaucoup ri. Beaucoup souri. Et beaucoup apprécié cet exposé, tellement révélateur des différences culturelles entre les pays. Différences d'usage. Et ces nouveaux usages créent un nouveau vocabulaire. Tel que le western union précédemment signalé. Mariage affection.org (mariage fait par le biais d’internet). Couple Internet (femme noire, homme blanc).

Bravo Baba et merci.

La conférence qui suivait, de Frank Beau, sur metromantics (internet messages about romantic encounters in Paris’ metro) m'a laissé un goût un peu métallique dans la bouche. Très impressionnée par son bagoût, sa richesse de vocabulaire et son inventivité (pauvres traducteurs cependant...), je ne peux m'empêcher de renacler un peu à l'idée qu'une personne puisse être payée par la RATP pour développer un délire pareil. Je dois être trop psycho-rigide, trop ingénieur, pour apprécier. Aie.

Note ultérieure: Frank clarifie le fait que la majeure partie de son intervention est totalement indépendante de son travail à la RATP. Donc soit. Reste la beauté du mot et l'imagination, à saluer.

lundi, janvier 26 2009

« Wikipédia: découvrir, utiliser, contribuer »

En quelques années, Wikipédia est devenue un outil incontournable sur Internet. Depuis le 08 janvier 2008, un nouvel ouvrage « Wikipédia découvrir, utiliser, contribuer » est disponible en librairie et sur internet.

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vendredi, décembre 19 2008

Méritante: chevalière de l'Ordre du Mérite

Avant hier, j'ai été décoré de l'Ordre du Mérite par Mr Besson, Secrétaire d'État chargé de la prospective, de l'évaluation des politiques publiques et du développement de l'économie numérique (c'est long comme titre...)

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samedi, décembre 13 2008

Supporting freedom of information

I will be speaking at the Israel Business Conference taking place at the David Intercontinental Hotel in Tel Aviv on December 14th.

In advance of my two talks on Sunday, I was interviewed by Globes. You can read the entire story here.

mercredi, décembre 10 2008

Ouvaton, fin de l'hébergement coopératif en ce qui me concerne

Depuis plusieurs jours, mon hébergeur de sites/wikis/blog/mails patauge. Après plusieurs échanges de messages pour me plaindre de l'extrème lenteur voire de l'arrêt complet d'accessibilité de mes sites, le bilan est tombé:

Notre infogérant pour sauver la plateforme a fermé à la hâche plus d'une centaine de sites qui participaient à l'affaissement des ressources... et naturellement sans les moyens d'avertir les coopérateurs.

J'ai encore de la chance, mes mails marchent toujours. Sinon, c'était déménagement dans l'urgence la plus extrème. Etre sans email fonctionnel de nos jours n'est plus possible. Le blog est toujours là. Et le wiki, bien que lent, marche toujours (heureusement, c'est là que je garde beaucoup d'infos assez nécessaires au quotidien).

Mais pour le reste, mon site pro est inaccessible. Le site de ma commune est inaccessible. Et le site pro de mon mari est inaccessible.

Donc, activité d'urgence prévue pour la fin de l'année: quitter Ouvaton. Quelqu'un a t-il des plateformes à me suggérer, accessible à une entreprise individuelle (et donc offrant certaines garanties), à des tarifs décents, pouvant héberger blog, wiki, et spip ?

WiL

Tomorrow, 11th of december, I will participate to the Women in Leadership in the Information Society (WiL) meeting at "La Cantine".

A film crew will be present to capture the interesting moments of the day and the WiL team will make a short movie available on their web site soon after the event.

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