Etre bénévole aujourd'hui

Je suis tombée aujourd'hui sur un discours de Bayrou daté de février 2007, discours prononcé devant le Comité National Olympique et Sportif Français... mentionnant ses propositions sur le bénévolat.

Je cite dessous


Je voudrai finir en abordant dans mon dernier chapitre la dernière idée qui sera celle de la reconnaissance du bénévolat.

Ce n'est pas uniquement dans le domaine du sport qu'il faut reconnaître le bénévolat et j'ai eu récemment l'occasion de le dire. Il me semble qu'il y a trois directions raisonnables. La première direction raisonnable, c'est d'améliorer les conditions matérielles d'exercice du bénévolat. Par exemple je pense à des dispositions de l'ordre du remboursement des frais engagés qui, me semble-t-il, pourraient être allégés ou pourraient être facilités et qui permettront à des personnes d'exercer un bénévolat sans porter trop atteinte à la situation matérielle qui est quelque fois difficile qui est la leur. En parlant de ces trois directions, j'ai oublié de le dire, il y a une chose : je n'ai pas évoqué le mot de statut du bénévole, parce que pour moi, statut et bénévolat sont deux choses contradictoires entre elles. Et il me semble qu'au contraire, la valeur du bénévolat, la puissance du bénévolat, c'est qu'il s'agit d'une démarche de gratuité. Non marchande, non statutaire, une démarche d'une femme, d'un homme qui choisissent au contraire d'offrir gratuitement ce qu'elle a ou ce qu'il a à ceux qui l'entourent et très souvent particulièrement aux associations et aux jeunes.

Deuxième piste après la facilitation des frais matériels, je pense que la prise en compte dans le domaine de la validation des acquis, de l'expérience que l'on a acquise, que l'on a accumulée, notamment dans l'animation d'un groupe d'hommes et de jeunes, doit être validée et présentable dans un curriculum-vitae. J'ai été de ceux comme ministre de l'Education, qui ont mis en place et rendu forte la validation des acquis. Je pense nécessaire de le continuer et de l'étendre dans le sens des bénévoles qui ont une expérience dans les associations et particulièrement les associations sportives.

Dernier point : vous savez que je défends l'idée que nous allons avoir à assumer tous ensemble -citoyens- de manière sereine et calme, une grande réforme des retraites. Tout le monde sait que la réforme des retraites est devant nous comme une contrainte. Et tout le monde sait que ce sera, dans les prochaines années, un rendez-vous impossible à contourner pour la société française. Cette réforme des retraites, selon moi, doit déboucher sur une architecture nouvelle de la retraite qui permettra à chacun de prendre en compte les années de travail, la pénibilité des années de travail, pour avoir son compte de points comme on l'a dans les assurances privées, dans les retraites complémentaires et pouvoir ainsi prendre librement la décision de l'âge de son départ à la retraite. "Si la pension me convient, je peux partir à la retraite à partir de soixante ans. Si la pension est trop faible, je peux allonger ma durée de travail." J'ouvre une parenthèse, ou je mets une note en bas de page : à condition que les entreprises comprennent que quelqu'un qui a plus de cinquante ans n'est pas forcément à laisser sur le bord de la route. Notamment en raison du coût que représente son salaire plus les charges pour la société ou l'employeur dont il est salarié. On a cette grande réforme des retraites devant nous. Et cette réforme des retraites permettra, devra permettre à chacun de se constituer un certain nombre de droits. Il me semble que, parmi, ces droits, l'exercice d'un bénévolat dans une association devrait donner lieu à un certain nombre d'avantages-retraite lorsque le terme de sa vie professionnelle arrive. Il y a là une réflexion différente. La retraite ne serait plus seulement la prise en compte du travail salarié et des années qu'on a consacrées au travail salarié, mais elle pourrait être aussi, d'une certaine manière, et subsidiairement aussi, la prise en compte d'un certain nombre de services rendus à la société. Et les bénévoles rendent des services éminents. Il ne s'agira pas d'avantages considérables. Il ne s'agira pas de mille et de cent. Il s'agira d'une reconnaissance. Il s'agira de marquer que la société a vu et récompense autrement que par les médailles auxquelles vous êtes habitués, prend en compte et reconnaît l'engagement d'une femme ou d'un homme au service des autres dans la société que nous formons tous ensemble.

''François Bayrou, Discours devant le Comité national olympique et sportif français (15/02/07) ''


Le sujet me prend parfois à la gorge. Bénévole à temps plein pratiquement, et ce normalement jusqu'en juillet 2008, je scrute mes comptes bancaires et m'interroge. Pas tout à fait certaine de pouvoir éviter le retour au monde du travail avant juillet 08, ca risque d'être chaud. Autre option: Avoir un emploi, 3 gamins, et être présidente de Wikimedia Foundation, le tout en même temps ... est-ce possible ? Je ne pense pas, j'ai besoin de dormir parfois. Seules solutions pour tenir, récupérer un peu d'argent pendant certaines conférences et serrer le budget.

Bon.

Comment convaincre les multiples organisations qui souhaitent une n-ième présentation de Wikipédia de me payer, même une petite somme ? Participer bénévolement à Wikipédia, cela veut-il dire être bénévole par défaut, au service de tous ?

A défaut, comment faire passer le fait que la garde d'enfants DOIT faire partie des frais à rembourser (eh oui, tout comme le billet d'avion et la chambre d'hotel), même si cela ne fait pas partie des "cases" habituelles ?

Comment convaincre tous ceux qui demandent ma participation à telle demande de subvention à la NSF, ou à tel projet de demande à la communauté européenne, qui souhaitent des lettres de support, des dossiers de présentation, ma présence à telle réunion etc... que, oui, c'est super intéressant, mais est-il prévu une solution pour couvrir mes frais ? (non, la Fondation ne payera pas mon billet)

Comment m'assurer des remboursements de mes frais après coup, lorsque le remboursement tarde, en raison d'organisateurs indélicats, débordés ou ayant dépassé leur budget ? (non, je ne cache pas un agent de recouvrement dans le buffet de mon salon, et non, je n'ai pas de quoi payer un avocat)

Comment déduire facilement le remboursement de frais de sa feuille d'impôt plutôt que de voir le remboursement apparaitre comme un revenu ? (je viens de regarder ma déclaration automatique sur internet, et j'ai été prise de sueurs froides). La plupart des organisations choisissent de donner un "budget global" (à vous de vous débrouiller avec l'enveloppe, c'est beaucoup plus simple ainsi). On part pour la ronde des déclarations sur l'honneur... (msieur l'agent de recouvrement du fisc, ils m'ont donné 100 euros, mais j'ai tout donné à la nounou). D'ailleurs, comment déduire ce montant comme frais liés à un travail... vu que précisemment, on ne travaille pas ?

Comment conserver mes misérables 350 euros de congé parental d'éducation alors que j'ai participé à une conférence ce mois-ci et touché 100 euros ? (dont 50 à déduire pour frais de garde d'enfants) Est-ce un travail ? Si oui, pourquoi n'est-ce pas considéré comme un travail ? Si non, pourquoi perdrais-je mon allocation ? D'ailleurs, quand on appelle la CAF à ce sujet, la réponse est "indiquer le montant, le nombre de jours travaillés et le nom et l'adresse de l'employeur principal". Oui, mais si je participe à un panel de la BNF le 3 mars et à un panel à Paris Libre le 7 mars, ni la BNF, ni Paris Libre ne sont mes employeurs principaux ! Que fais-je ? Silence de mort au bout de la ligne CAF, suivi d'un "ben, chais pas" embarassé. Merci pour avoir joué !

Comment obtenir de la CAF qu'elle paye la part d'employeur pour l'emploi de la nourrice puisqu'en fait je ne travaille pas ? D'ailleurs, comment toucher l'allocation de garde d'enfants puisque justement je ne travaille pas ?

Comment bénéficier de bons CAF ou d'accès privilégié à une colonie ou tout simplement à la cantine de l'école, réservée aux familles dont les deux parents travaillent ? Tiens d'ailleurs, comment mettre un enfant à l'école dès 2 ans et demi alors que le nombre de places est restreinte (réduction budgétaire oblige) et réservée aux familles dont les deux parents travaillent (chomeurs et bénévoles, ouste !)

J'y pense... cela fait plus de trois mois que j'emploie une nouvelle nounou. La pauvre, elle attend toujours son bulletin de salaire de février (mars, avril)... motif: mon dossier est bloqué du côté de l'URSSAF ou du centre Pajemploi. Ils ne savent pas quoi faire de ma demande de complément de libre choix du mode de garde.... ca colle pas bien dans les cases (le célèbre autres cas...). En attendant, dossier bloqué, pas de bulletin de salaires (reste à croiser les doigts pour qu'elle s'en contente).

Ou vaut-il mieux se réinscrire à l'ANPE pour gagner plus et ainsi acquérir un employeur officiel ? Cela pourrait être la solution de facilité. Un sans-emploi a un status. Or, ainsi que Bayrou le dit fort bien, un bénévole n'a pas de status.

Et reprendre une formation pour faire valider des acquis (ainsi que suggéré par Bayrou également) ?

Bon. Il est 10 heures du matin. La journée a commencé à 6h30, levé les enfants, aller-retour à l'école. Recouché le ptit toto. C'est l'heure d'un thé.

Ensuite, j'ai une présentation à préparer pour une lecture (pas payée et frais non remboursés), une directrice à embaucher, suivre le dernier procès en cours fait à la Foundation, un suivi à faire sur les trademarks... la liste est longue :-)

Hmmmm

Tiens, je vais commencer par remplir le dossier de réinscription à l'école de ma fille pour 2007-2008. Aujourd'hui, c'est son anniversaire, elle a 9 ans !

...Sympa, elle a déjà pré-rempli le dossier. Nom, prénom, classe...

à la case "occupation père", elle a mis "maître de conférence"

à la case "occupation mère", elle a mis "sans travaille".

Commentaires

1. Le jeudi, août 30 2007, 14:08 par T-shirts Teesforyou

La fondation n'a-t'elle pas les moyens de salarier les personnes qui en font le plus pour elle ?

2. Le vendredi, septembre 21 2007, 20:12 par Anthere

Elle aurait les moyens de le faire. Mais le statut juridique le rend en pratique impossible/interdit. Les membres du conseil d'administration doivent être indépendants jusqu'aux bouts des ongles, et ne peuvent donc pas toucher la moindre rénumération. Il est recommandé de ne pas les employer non plus. Au mieux, on peut rembourser leurs frais inhérents à leur activité au conseil (frais de déplacement essentiellement)

3. Le mardi, décembre 21 2010, 14:22 par freelance writer jobs

Au mieux, on peut rembourser leurs frais inhérents à leur activité au conseil (frais de déplacement essentiellement)

4. Le mardi, mai 24 2011, 19:44 par resumes

En disant "Je n'ai plus de sous" il aurait conforté cette partie de l'opinion "quémandresse" qui croit que les politiques créent l'argent au fur et à mesure qu'ils le distribuent.

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