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jeudi, décembre 9 2004

Fiabilité de Wikipédia : critères de validation des ressources Internet

J’ai suivi avec intérêt la correspondance de Mr Milan et de Mme Panijel, portant sur la fiabilité des informations contenues dans Wikipédia, la reconnaissance du projet par la communauté scientifique ainsi que sa recommandation auprès des élèves par le corps enseignant. D’une façon générale, je souscris aux réponses apportées par Mr Milan, ainsi qu’à sa description des principes fondateurs et fonctionnement du projet. Je recommande à ce sujet, l’article de Mr Caraco dans le Bulletin des Bibliothèques de France (l’inscription est gratuite). Concernant la fiabilité de ce qui peut être consulté actuellement sur Wikipédia, je souhaiterais rappeler que notre projet est encore très jeune, puisqu’au printemps 2002, l’encyclopédie comptait moins de 200 articles encyclopédiques, pour plus de 67 000 fin 2004. Nous progressons très vite certes, mais tout comme Rome ne s’est pas fait en 2 jours, Wikipedia a besoin de temps pour se construire et murir. Certains thèmes sont déjà couvert avec des articles dont la qualité est probablement unique sur le web (la tribologie, la grèce ancienne, l’astronomie, la linguistique etc…), alors que d’autres ne sont encore qu’à l’état de chrysalides (voire un stade de développement plus précoce encore…). Il faut donc être patient et certainement garder (ou acquérir…) un esprit critique. Ainsi que le mentionne Jean-Jacques, l’esprit critique est aussi indispensable pour l’usage d’autres ressources scientifiques (voir par exemple les erreurs relevées dans l’encyclopédie Britannica). Et la patience de même… car si les encyclopédies traditionnelles sont peut être plus avancées que la notre sur la description de la première guerre mondiale, je gage que peu d’encyclopédies sont capables de fournir des articles aussi informatif que le notre sur Mr Kerry…. Je crois nécessaire d’identifier deux volets à la notion de « fiabilité » et de « validation ». Le premier problème peut se produire face à une action de vandalisme : ajout de pipi-caca, ou falsification délibérée de date ou chiffre. Des systèmes de rétro-contrôle (modifications récentes, liste de suivi, historiques, liste de contributions…) garantissent une excellente réactivité face à ce genre de situation. La communauté dans son ensemble réagit au vandalisme avec promptitude et efficacité dans la majorité des cas. Il peut évidemment rester des traces de vandalisme après quelques heures, mais je les crois au fond très rares et surtout très rapidement corrigeables dès notification. J’imagine que la problématique de non fiabilité des infos due au vandalisme n’est pas vraiment ce qui peut le plus préoccuper la communauté scientifique. Le deuxième volet est beaucoup plus pertinent. Il s’agit de la crainte de non fiabilité d’information fournie par des non spécialistes, en toute bonne foi. Ainsi que cela a déjà été mentionné, nous considérons que si personne ne sait tout, tout le monde sait quelque chose et nous souhaitons reconnaître la capacité en chacun de nous à enseigner aux autres. Ces enseignements ne portent évidemment pas uniquement sur des sujets dits scientifiques. Nous souhaitons conserver un principe d’ouverture, qui autorise tout le monde à participer, y compris de façon anonyme, la multiplicité des participations garantissant une plus grande richesse de contenu et de perspectives. Et surtout, nous voulons conserver l’égalité entre éditeurs, sans donner plus de droits à l’un ou à l’autre, sous des prétextes tels que age, sexe, religion, éducation etc… Il y a plusieurs raisons à cela, dont une : la neutralité de point de vue. Le fait d’être professeur d’université ou professionnel ne garantie absolument pas la capacité à aborder certains sujets avec impartialité… Si nous « donnons » à un corps de métier plus de droit qu’à ceux qui ne font pas partie de ce corps de métier, nous pouvons gagner en pertinence, mais perdre en objectivité et en réalisme. Partant de là, comment garantir la plus grande fiabilité ET comment convaincre notre lecteur de cette fiabilité, tout en conservant participation ouverte et égalité entre éditeurs ? Car il existe bien DEUX problèmes : d’une part être fiables, d’autre part convaincre que nous sommes fiables. La majeure partie des éditeurs de Wikipédia peuvent avoir le sentiment que les articles auxquels ils participent sont fiables, et ce pour trois raisons : * ils s’estiment fiables eux-mêmes * ils connaissent les autres éditeurs participant à ces articles (parfois, ils connaissent leur niveau d’éducation et leur expertise professionnelle ; dans la plupart des cas, ils jugent sur le tas de la qualité des contributions)– et en fonction du respect qu’ils ont pour les connaissances des autres éditeurs, vont soit accueillir les ajouts, soit les corriger. * ils connaissent les principes d’édition basés sur la collaboration et la retouche mutuelle La plupart des lecteurs ne connaissent ni les éditeurs, ni les principes itératifs. Il semble que si nous entendons beaucoup de questions (entendez critiques) sur la fiabilité des contenus, la plupart du temps, ces critiques ne sont pas assortis d’exemples. Que l’on me comprenne bien ! Je suis convaincue que certains articles contiennent des inexactitudes, cependant, je pense que quelque soit la qualité de notre contenu, nous ne pourrons jamais éteindre les critiques liées à la fiabilité de notre process, tout simplement parce que le risque associé est inhérent. Donc, au mieux, voici ce que nous pouvons faire Pour augmenter le taux de fiabilité : * contacter des « experts » et les inviter à participer * inclure des ressources déjà connues et validées (par le biais de collaboration) * conserver nos meilleurs éditeurs et décourager les moins bons éléments * favoriser la mise en place d’équipes et de petit projets dont les participants seront très unis * stimuler la participation des enseignants eux-mêmes, peut être par le biais de projets éducatifs Pour améliorer le sentiment de fiabilité : * pousser les contributeurs à citer leurs sources et à fournir des références multiples et croisées (ce point me semble absolument essentiel) * inciter les contributeurs à fournir sur les pages personnelles leurs références professionnelles * peut être mettre en évidence une liste de contributeurs « connus » dans le monde réel (mais ceci risque de porter à controverse). Ce ne sont que quelques idées.
Claire Panijel : Pourquoi ne pas au moins mettre chaque rubrique sous la responsabilité nominale d'une personne dont le cadre de compétence serait fourni ? A défaut d'auteur, un éditeur intellectuel ?
Tout simplement parce qu’une personne unique ne peut prétendre connaître la totalité d’une rubrique, elle ne peut prétendre être parfaitement impartiale sur le sujet. Prenons un exemple d’un sujet auquel j’ai participé en langue anglaise : la loi sur le port du voile à l’école. Quelle personne pourrait prétendre être responsable d’une telle thématique ? Un politique écrivant la loi du fond de son bureau à Neuilly ? Un enseignant confronté au problème au quotidien ? Une jeune fille voilée ? Une militante féministe ? Un représentant religieux ? Un universitaire travaillant sur l’islamisme ? Un jeune des banlieux qui critique une jeune fille pour être sortie tête nue ? Un journaliste américain ? Je pense que toutes ces personnes sont à leur manière compétente sur un tel sujet. Mais chacun de leur domaine de compétence est différent, et tous sont nécessaires pour que l’article final soit fiable et significatif. Lequel nommer responsable ?
Claire Panijel : la page d'accueil du site wikipedia n'explicite nulle part les modalités de controle de l'information diffusées, question pourtant cruciale.
Bonne remarque. Cette piste semble intéressante à explorer. Ces informations existent, mais ne sont peut être pas suffisament claires.
Claire Panijel : Le contrôle par la collectivité est un outil démocratique, mais insuffisant en tant que tel pour valider un document. La validation doit pouvoir s'appuyer sur "des contributeurs qualifiés". La qualification des contributeurs reste très mystérieuse...
Ce problème est essentiellement un problème de perception du lecteur. Quand nous travaillons ensemble, nous connaissons le plus généralement les autres participants et nous demandons spontanément validation par nos pairs quand nous reconnaissons nos limites. C’est aussi la raison pour laquelle nous travaillons beaucoup par projets, dans lesquels les participants sont clairement identifiés. Le côté « mystérieux » des participants pourrait être éclairci par plus d’information sur leur page utilisateur, mais ceci reste un choix purement personnel. C’est aussi un point important pour garantir l’absence de censure…
Claire Panijel : la page "administrateurs" reste floue sur les modalités de nomination ou cooptation des administrateurs et sur les critères d'appréciation de leurs compétences. La page "Prise de décision administrateurs" témoignent de ces difficultés mais ne semble fournir aucun élément pour les résoudre.
Claire Panijel : la liste des administrateurs ne donne que des pseudonymes dont les pagees personnelles fournissent des renseignements plus ou moins précis ou fantaisistes.
Claire Panijel : Une encyclopédie en ligne produite de manière coopérative par les internautes volontaires et souvent anonymes peut-elle se passer de ces instances intermédiaires en s'appuyant simplement sur les capacités d'autocontrôle de l'ensemble des visiteurs du site ? La question est plus complexe, puisqu'il semble exister une première instance de contrôle, celle des administrateurs, sans compter les "bureaucrates et musterwards" (?) . Mais le fonctionnement, la composition et les modalités de désignation de ces instances restent opaques
Les modalités de nominations des administrateurs sont indiquées assez clairement pourtant. Pour autant, cela n’a pas la moindre importance. Les administrateurs n’ont pas de pouvoir éditorial supérieur aux autres participants. Ils sont essentiellement des éditeurs en qui la communauté a suffisemment confiance pour accorder des droits de blocage des vandales ou de suppression des articles. Ils agissent pour la communauté, et n’ont donc besoin que de la confiance de la communauté. C’est une affaire de « cuisine interne » :-) Leur compétence dans un domaine particulier est donc non significatif. Les bureaucrates n'assurent aucune fonction de contrôle non plus : ils ont la capacité technique de donner un statut d'administrateur aux éditeurs, après accord de la communauté. Enfin, encore moins que tout autre, les stewards (dont je suis) n'ont pas le moindre rôle de contrôle éditorial. Une dizaine de personnes ont la capacité technique de changer les statuts de tout éditeur sur TOUS les projets (Wikipédia, Wiktionaries, Wikibooks, Wikinews, Wikisources, Wikicommons, Wikispecies, Wikiquotes, en toutes langues). Ils peuvent donner ou oter des statuts d'administrateur, de bureaucrates, de développeurs ou de systèmes automatiques. Il s'agit d'un rôle purement technique et les stewards ne sont que des personnes en qui la communauté fait confiance et délègue certaines taches "ménagères" :-)
Claire Panijel : on ne sait rien des compétences des administrateurs, de leurs responsabilités particulières (par domaine ?), ni de l'organisation du groupe des administrateurs.
Quand un lecteur achète l’encyclopédie Larousse, il ne sait pas grand chose non plus de l’organisation de toute l’équipe de production…. Pourtant, vos remarques concernant les administrateurs font ressortir un point important : il est nécessaire de préciser d'avantage le rôle des administrateurs pour les personnes extérieures au projet.
Claire Panijel : On ne sait pas grand chose des moyens techniques de surveillance du flux d'information
Ces informations existent pourtant (il s’agit en majeure partie de ce que vous a expliqué Jean-Jacques, modifications récentes, liste de suivi, liste de contributions etc...). Vous avez probablement raison sur ce point, peut être cela nécessite t-il un bon nettoyage ? Reste à trouver un volontaire pour le faire...
Claire Panijel : Par ailleurs, Libération nous dit que le projet est né "au sein de la société Internet Bonis, spécialisée dans la vente de publicité et d'images érotiques sur le réseau.", ce qui laisse rêveur...
Je ne vois pas du tout le rapport. D’une part, ce n’est pas la société Bomis qui a lancé le projet, mais un de ses propriétaires, et c’est grâce en partie à l’argent généré par cette société qu’il a pu démarrer ce formidable projet. Produire un site web et diriger une équipe est un travail parfaitement respectable. Ce n’est pas non plus Jimbo Wales qui écrit des articles encyclopédiques, mais des milliers d’éditeurs de toute origine, tout age, tout sexe, toute religion. Par ailleurs, les sites web dédiés à l’érotisme sont parmi les plus évolués sur le web, toujours à la pointe de la technique :-) J’aime assez l’idée de l’érotisme finançant l’accès à la connaissance pour tous… cela ne manque pas de saveur…
Claire Panijel : Certes les encyclopédies commerciales rencontrent également le problème de l'évaluation des articles fournis, mais : - leurs utilisateurs se voient offrir la garantie d'un comité scientifique, de la validation par des spécialistes reconnus par des institutions scientifiques. - L'editeur se trouve aussi juridiquement responsable lorsqu'il diffuse des documents mensongers, illégaux ou portant atteint à la vie privée. - Il met en jeu sa réputation et ses intérêts économiques.
Je pense qu’au fur et à mesure de notre croissance, les participants sont de plus en plus fiers de participer à un tel projet, et librement, feront connaître leur expertise « publique ». Il n’y aura pas de comité scientifique, mais il est probable qu’un système de validation sera mis en place. Il existe déjà partiellement sur la wikipédia en allemand. A noter, l’éditeur est également juridiquement responsable sur Wikipédia (je reconnais qu’il est plus difficile de le contacter…), mais surtout, en cas de diffusion de documents mensonger, illégaux, portant atteinte à la vie privée, violation de copyright, la communauté réagit et élimine ses documents. Cette situation s’est déjà produite à plusieurs reprises sur tous nos projets. En général, nous corrigeons le plus rapidemment possible et nous essayons de rester discrets. Dans tous les cas, je vous garantie que c’est un problème auquel nous attachons énormément d’importance. Ne pas en tenir compte signifierait pour nous une considérable perte de confiance de la part de nos lecteurs, de nos éditeurs et des personnes dont les dons permettent au projet de fonctionner. J'espère avoir éclairci certains points. Il est acquis que notre plus gros "challenge" est d'amener certaines communautés, dont la communauté scientifique, à faire confiance en notre contenu. Cette discussion est donc extrèmement intéressante et j'espère sera fructueuse. Anthere

vendredi, novembre 19 2004

Wikipédia et objectifs politiques

Rappelons le, Wikipédia a pour objectif la mise à disposition du savoir humain au plus grand nombre. Ceci est rendu possible grâce à
  • un accès au mieux gratuit (sur internet ou après installation sur un ordinateur), au pire à faible coût (en version CD Rom ou papier)
  • un savoir proposé dans un très grand nombre de langue
  • un savoir qui peut être diffusé et réutilisé par tous grâce à la licence libre
Certes, Wikipédia souhaite rester strictement attachée à un principe de neutralité. Elle ne cherche pas à porter un quelconque jugement sur un positionnement politique, religieux, culturel ou autre. Ses articles cherchent à rapporter toutes les positions sur un sujet (en excluant toutefois les positions anecdotiques, ce qui révèle malgrè tout un jugement partial sur ce qui est "important" et ce qui ne l'est pas). Afin d'éviter toute prise de position, nous recourons avant toute chose à la citation. Nous attribuons les opinions à leurs auteurs, selon le schéma "Dans le journal Tt, au cours d'une interview réalisée le dd/mm/yyy, Mr YY, président de l'organisation Zz, affirme que ....". Bref, nous clamons haut et fort notre souhait d’impartialité.

De là à prétendre que Wikipédia est totalement apolitique, ce serait soit mentir, soit se voiler la face.

Mettre à disposition la connaissance, afin de combattre l’'ignorance, l’'obscurantisme, la superstition, la manipulation, la propagande; donner aux hommes l'’information leur permettant de se forger leur propre opinion, d’'affirmer leurs idées et de prendre des décisions en toute connaissance de cause, est un acte politique.
Dans cet objectif, la devise des Lumières « Aie le courage de te servir de ton propre entendement » reste toujours d'’actualité, et s'’applique à Wikipédia. Cet acte politique, informer, est partagé par beaucoup d'’autres encyclopédies. Wikipédia va cependant plus loin dans la volonté de donner cette information au plus grand nombre par le biais de l’'association du multilinguisme, de la gratuité, et du droit à réutiliser cette information librement, trois principes qui l’'identifient comme unique en son genre.

Cependant, l’'objectif politique de Wikipédia va beaucoup plus loin.
* A travers le système d'édition choisi, le wiki, et une organisation communautaire, nous voulons démontrer qu'il est possible de construire un projet en commun, une tour de babel dont la construction ne s'arrêtera pas pour de simples motifs linguistiques. 
* Nous voulons démontrer qu'il est possible de faire travailler ensemble des milliers de personnes selon un modèle oscillant entre la démocratie participative et le consensus.  
* Nous voulons démontrer que l'enseignement n'est pas uniquement dans les mains des « experts », mais que nous possédons tous des parcelles de connaissance dont nous pouvons faire bénéficier l'humanité. Personne ne sait tout, mais tout le monde sait quelque chose. 
* Nous souhaitons ne pas reposer uniquement et passivement sur les chaines de télévision et radios officielles pour nous nourrir d'information prédigérée. 
* Nous voulons que nos lecteurs apprennent à lire une information de façon critique -
  Nous voulons montrer que nous pouvons devenir des acteurs de notre propre avenir, et non reposer sur les acteurs politiques traditionnels pour décider à notre place. 
* Nous voulons éloigner le spectre de la solitude et de l'’isolement dans nos sociétés industrialisées, et rapprocher des hommes et des femmes que rien ne poussait à se rencontrer, pour collaborer sur un projet pharaonesque. 
* Nous voulons que nos participants apprennent à reconnaître leurs différences et leur désaccords, ne les nient pas, et puissent en discuter ensemble. 
* Nous voulons que nos participants apprennent à mettre entre parenthèses ce qui les séparent pour cultiver ce qui ne les unis. 
* Nous voulons démontrer que la défense d'un système est plus efficace en laissant les portes ouvertes qu'en construisant des murs.
Wikipédia n'est pas seulement destiné à être une source d'information, mais cherche à modifier globalement un système de fonctionnement. Elle reconnait les capacités individuelles, pousse à l'implication personnelle au sein de la dynamique sociale et met en évidence les bénéfices de la coopération. 
Selon Souffron, une véritable encyclopédie ne saurait exister sans un objectif politique, et à ce titre, seul Wikipédia mérite aujourd'hui le nom d'encyclopédie. Je n'irais pas si loin, car toutes les encyclopédies actuelles ont au moins l'objectif politique de triompher de l'ignorance. Mais en effet, seule Wikipédia présente des objectifs véritablement révolutionnaires et c'est bien ce qui fait son charme et son succès. 
Florence Devouard

jeudi, novembre 18 2004

BlogAfrica

J'ai découvert hier un catalogue de blogs assez sympathiques sur l'Afrique : http://allafrica.com/afdb/blogs/. Si vous blogguez depuis un pays africain, ou sur l'afrique même, n'hésitez pas à ajouter votre nom.
Un petit lien intéressant sur l'usage et l'édition de Wikipédia dans les pays en voie de développement http://the.blogthing.com/2004/09/29/unctad-em-wikipedia/ 
 Sur l'éducation des femmes en Afrique : http://medilinkz.org/journal/default2.asp?Journal_ID=51 ou les problèmes alimentaires : http://medilinkz.org/journal/default2.asp?Journal_ID=45

mercredi, novembre 3 2004

Utiliser les TIC en classe? On veut bien, mais on ne sait pas comment!

Un éditorial intéressant publié cette semaine, écrit par Audrey Miller, dans l'Inforbourg (agence de presse pédagogique). Audrey évoque la difficulté qu'il y a à apprivoiser les nouvelles technologies de l'information, et à intégrer leur usage dans le cursus scolaire canadien. A noter, qu'un autre lien dans Inforbourg mentionne la mise en ligne de l'Encyclopédie Hachette Multimédia en Ligne, encyclopédie proposant un contenu validé (articles, atlas et dictionnaire complets) et constamment mis à jour, et qui pourrait devenir une grande ressource pour les enseignants. Dans le même article Audrey indique la venue proche d'un comparatif entre l'encyclopédie Hachette et Wikipédia ! (rassurez vous, je l'ai déjà contactée). De l'usage de Wikipédia par nos enfants Au dela de la comparaison qualitative et quantitative de Wikipédia et de l'encyclopédie Hachette, un argument qui risque d'être utilisé en défaveur de l'usage de Wikipédia en milieu scolaire, est le faible niveau de censure de nos articles. En matière d'usage scolaire, ou tout simplement d'usage par les enfants, Wikipédia pourrait être considérée comme inadaptée, pas tant en raison du niveau des articles plutôt destinés aux adultes qu'en raison de la quasi absence de filtres éliminant la nudité, le sexe, la violence, ou tout autre contenu parfois jugé inapproprié pourr nos petits. En trois ans, la problématique du filtrage a souvent été mentionnée dans la communauté et j'ai moi-même participé à une proposition de système de filtre parental , basé sur le système ICRA. Voir la proposition de gestion du contenu choquant (en). L'usage de filtres n'a cependant pas été retenu par la communauté, qui s'affiche ouvertement contre toute tentative de censure. Toutefois, victimes d'un biais systématique, des phénomènes d'auto-censure se produisent, parfois fort différents selon les languages. Ainsi, sur la wikipédia anglophone, un débat vieux de plus d'un an se poursuit concernant la présence d'une photo de clitoris sur la page même, alors que la communauté francophone a visiblement décidé de ne la mettre à disposition qu'avec un lien d'alerte.
Soyons honnêtes, si vous étiez un enfant, ne cliqueriez vous pas IMMEDIATEMENT sur ce joli lien jaune ?
La communauté s'est cependant fermement opposée à mettre disponible directement sur la page, une photo de la tête coupée de Nick Berg. Enfin, en terme de contenu perturbant, l'article Shock site propose des liens désactivés vers les sites en question, rendant l'accès à ses derniers un peu plus complexes (mais non impossible, n'est ce pas ?). Une des grandes difficultés concernant la mise en place d'un système de filtre parentale, est ... tout simplement... de décider de ce qui est potentiellement choquant et de ce qu'il ne l'est pas... Et pourtant, si en effet Wikipédia peut potentiellement contenir des articles perturbant les enfants, j'encourage son usage, non seulement comme source d'information mais également comme moteur de développement personnel et apprentissage au travail collectif... pas toujours évident à développer en milieu scolaire avec des classes surchargées. Nous avons déjà reçu parmi nous des adolescents ou de jeunes adultes, et leur enseignant, pour des projets d'enrichissement d'un coin de l'encyclopédie. Voir à ce sujet le projet P8 : arts contemporains. Dernier développement à signaler sur le front junior : La Foundation Wikimedia a reçu récemment 10 000 dollars de la Beck Foundation, pour développer une collection de petits livres destinés aux enfants, à partir du contenu de l'encyclopédie anglophone. Ce projet est en cours de réflexion. Nous espérons par le biais de ce type d'initiative, pouvoir proposer aux enfants, un contenu de qualité, validé, contrôlé, pédagogique tout autant que ludique. Florence Devouard Vice-présidente de la Wikimedia Foundation Maman de 2 enfants.